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« Je ne me souviens de rien », dit l’homme victime d’un grave accident de parachute à Gatineau 

Ken McCarthy, l'homme qui a été victime d'un grave accident de parachute à l'été 2015, ne se rappelle plus du tout ce qui s'est produit le jour du drame, et même avant. Aujourd'hui, alors que la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a publié son rapport sur l'accident, il doit réapprendre à vivre.

Le 8 juillet 2015 devait être une date exceptionnelle pour Ken McCarthy, qui avait décidé d'amener son fils de 17 ans faire un saut en parachute afin de souligner son anniversaire.

Cette date marque désormais un point de non-retour dans la vie de cet ancien restaurateur.

En frappant le sol, il a subi des dommages importants au cerveau ainsi que de multiples fractures au visage et au corps.

Sa blessure à la tête a ensuite entraîné plusieurs dysfonctionnements qui affectent sa mobilité et ses capacités cognitives.

« Je ne me souviens de rien de ce qui s'est passé dans ma vie avant ça. Quand ça en vient à ce qui s'est passé depuis, je ne m'en souviens pas non plus. Mes souvenirs remontent à pas plus d'une semaine, mais après, cela touche à ma mémoire à court terme et je ne me souviens plus de rien », explique-t-il.

De la violence du choc, des circonstances de l'accident, de sa vie, il ne subsiste plus de trace dans son esprit. Il doit maintenant se fier à ses proches pour retrouver un peu la mémoire.

Les séquences vidéo tournées avant ce jour funeste sont aussi là pour lui rappeler la personne qu'il était.

« Quand je revois ces vidéos et que je vois ce qui se passe, ce n'est plus moi. Je ne suis plus du tout cette personne. C'est difficile pour moi de trouver une solution à ce problème », avoue-t-il avec émotion.

Ken McCarthy dit qu'il n'a d'autre choix que de continuer à avancer, même s'il se rend compte que l'homme qu'il était est « perdu » et que cela lui fait mal au cœur.

Pas de colère, mais des questions et de l'espoir

Dans son rapport, la CNESST soutient que l'équipement n'est pas remis en cause, ni le pliage du parachute. Il est aussi indiqué que l'instructrice a suivi les consignes d'urgence, dans la mesure de ses connaissances.

Toutefois, ces normes sont sévèrement critiquées par la Commission. Celle-ci soutient qu'il y a une déficience de la formation quant aux atterrissages d'urgence.

Ken McCarthy affirme qu'il ne ressent pas de colère au vu des circonstances de l'accident, mais il concède que les conclusions du rapport sont troublantes. Quant à sa conjointe, Cat Kasko, elle a plus de mal à accepter ce qui s'est passé.

« Quand je l'ai vu, ç'a été terrible. Il était différent. Je ne l'ai pas reconnu », affirme-t-elle à propos du moment où elle l'a vu sur son lit d'hôpital, juste après l'accident.

Il a fallu qu'elle se fasse à l'idée que l'homme indépendant dont elle était tombée amoureuse allait devoir réapprendre à lire et à manger seul.

Elle croit aujourd'hui qu'une vie à deux est possible, mais elle a dû faire son deuil des activités en plein air, telles que le cyclisme et la randonnée, dont le couple était friand.

Elle doit aussi trouver des moyens pour subvenir aux besoins du ménage, sachant que Ken McCarthy ne peut plus travailler et que son état nécessite des soins, ainsi que de l'équipement particulier.

Cat Kasko se raccroche cependant au fait que son conjoint est en vie, que sa réadaptation se déroule bien et qu'ils pourraient se marier prochainement.

Avec les informations d'Ashley Burke

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