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« Je ne serai la marionnette de personne », dit Antoine Normand

N'ayant plus la confiance de son conseil d'administration, le président élu de la Chambre de commerce de Gatineau, Antoine Normand, a claqué la porte, vendredi, en mettant en avant sa volonté de rester indépendant et intègre.

La décision de ne plus faire confiance à M. Normand est intervenue à la suite d'une rencontre spéciale du conseil d'administration, tenue à huis clos en matinée.

Une fois qu'il a été au fait de l'issue de la réunion, le principal intéressé a annoncé au conseil qu'il allait présenter sa démission.

Refusant de s'exprimer à chaud devant les médias, Antoine Normand a fait parvenir un communiqué pour donner son point de vue.

« En démissionnant, je reprends toute ma liberté de parole, affirme-t-il. Je l'ai dit aux membres du conseil d'administration ce matin : je ne serai la marionnette de personne. Mon intégrité et ma liberté d'expression valent beaucoup plus qu'un poste à la présidence. »

Faisant référence à mots à peine voilés à la joute verbale qui l'a opposé au président du groupe Brigil, Gilles Desjardins, Antoine Normand dit déplorer la façon dont certains conçoivent le monde des affaires.

Au cours des derniers jours, un conflit entre les deux hommes a éclaté sur la place publique.

Malgré les excuses de M. Normand, qui avait comparé Gilles Desjardins à George W. Bush au sujet de son approche quant au projet de deux tours en face du Musée canadien de l'histoire, Gilles Desjardins soutenait que le président de la Chambre de commerce devait quitter ses fonctions.

La Chambre de commerce se défend

Le conseil d'administration a déclaré que la décision annoncée vendredi n'avait aucun lien avec la sortie de M. Desjardins.

« On considère que, pour le bien de la Chambre et de la communauté d'affaires, M. Normand n'avait peut-être plus la crédibilité face aux gens d'affaires », a expliqué le président par intérim, Jean-Claude Des Rosiers.

Il a en outre mentionné qu'une lettre d'excuses officielle de la Chambre de commerce sera envoyée à M. Desjardins de la part de l'ensemble du conseil.

Antoine Normand avait été réélu en juin dernier pour un nouveau mandat. Son élection avait été marquée par un vent de contestation, ses opposants lui reprochant notamment sa proximité avec le maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Des compétences saluées

M. Des Rosiers a insisté pour dire que la Chambre reconnaissait le travail et l'engagement de M. Normand ces dernières années pour l'Outaouais.

Le maire de Gatineau a d'ailleurs rapidement réagi à la décision de la Chambre de commerce sur les médias sociaux.

« Antoine Normand aura été le plus grand défenseur des intérêts économiques de l'Outaouais depuis des années. Nous lui devons beaucoup », a écrit M. Pedneaud-Jobin sur son compte Twitter.

Par ailleurs, M. Normand ne sera pas radié de la Chambre de commerce pour cinq ans, comme le demandait Gilles Desjardins.

Il demeure un membre à part entière de l'organisme et en tant qu'ancien président, il aura le droit de siéger parmi les gouverneurs.

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