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Jim Watson à la mairie d'Ottawa, un an déjà

Il y a un an, jour pour jour, Jim Watson était réélu à la mairie d'Ottawa. Au cours de la campagne, le maire a fait de nombreuses promesses. Que doit-on retenir de la première année de son deuxième mandat? 

Un texte de Angie Bonenfant

Un an plus tard, quel bilan doit-on faire du travail de Jim Watson à la mairie d'Ottawa? Des intervenants répondent à cette question. 

LES BONS COUPS

1. Statut ville bilingue

Jim Watson refuse toujours d'appuyer l'idée d'un statut bilingue pour la ville d'Ottawa, malgré la pression exercée par la communauté franco-ontarienne. Selon lui, la politique actuelle, adoptée il y a 15 ans, fonctionne bien, même s'il reconnaît qu'elle est imparfaite. 

BILAN : « On veut créer un statut bilingue, mais on ne sait pas ce que ça veut dire. Promouvoir le français, on est tous pour ça! Mais est-ce que cela veut dire que nous voulons que tous les éboueurs de la ville soient bilingues? Est-ce nécessaire? Est-ce souhaitable? Non, c'est ridicule! Les francophones représentent seulement un cinquièeme de la population. Nous avons déjà le maire le plus francophile du pays. Je trouve qu'agir en ce sens va faire de la confrontation pour rien. »

- Gilles Paquet, École supérieure d'affaires publiques et internationales, Université d'Ottawa

2. Transport en commun

La deuxième phase du train léger à Ottawa a été l'une des pierres angulaires de la plateforme électorale de Jim Watson. Le maire avait répété à maintes reprises que la phase 2 serait sa principale priorité au cours du prochain mandat. Il a depuis multiplié les efforts pour faire valoir le projet auprès des paliers de gouvernement supérieur.

BILAN : « Par contre, depuis la dernière grève des employés d'OC Transpo, il y a de moins en moins d'usagers qui utilisent le transport en commun. Les tarifs ne cessent d'augmenter. Il y a plusieurs plaintes concernant les retards occasionés par la congestion routière liée aux travaux du train léger. Le défi du maire, maintenant, c'est d'augmenter le nombre d'usagers avant que la construction du train ne soit complétée. »

- David Jeanes, Transport Action Canada

3. Crise des migrants

Lors de la crise des migrants, Jim Watson a été l'un des premiers maires a ouvrir rapidement les portes de sa ville aux immigrants en difficulté. Au cours d'un forum, il a demandé l'aide de ses résidents pour accueillir chez eux des migrants syriens.

BILAN : « Jim Watson a démontré qu'Ottawa est une communauté accueillante. Il a joué un rôle de leader. Ce forum visait à encourager des immigrants, particulièrement des Syriens, à venir s'établir à Ottawa. La ville contribue à la réception de ces personnes. »

- Caroline Andrew, Faculté des sciences sociales, Université d'Ottawa

LES MOINS BONS COUPS 

1. Sous-financement des villes

Durant la campagne électorale fédérale, les maires des 20 plus grandes villes canadiennes ont lancé une campagne pour sensibiliser les partis politiques et les électeurs à la question du financement des infrastructures municipales.

BILAN : « La campagne menée par les grandes villes était efficace et illustrait bien la nécessité de réinvestir dans les infrastructures municipales. Je trouve, par contre, que Jim Watson aurait dû être plus vocal et il aurait dû jouer un rôle de leadership plus important. Un peu à l'image des maires de Calgary et de Gatineau qui ont été très actifs durant la campagne électorale fédérale pour dénoncer le sous-financement des villes. »

- Caroline Andrew, Faculté des sciences sociales, Université d'Ottawa

2. Logements abordables

Pendant la campagne électorale, Jim Watson s'est engagé à investir davantage d'argent pour lutter contre l'itinérance. Il a promis de bonifier le financement pour le logement abordable de 2 millions de dollars par année, durant son mandat de quatre ans. Jim Watson souhaite réduire de 15 % le nombre de résidents qui ont recours aux refuges d'ici les cinq prochaines années.

BILAN : « Dans le dernier budget, il a retiré de l'argent consacré aux nouveaux projets de logement abordable pour le redistribuer ailleurs. C'est sûr que cette décision aura un impact. Il manque aussi de créativité dans la façon de gérer le dossier de l'itinérance. Il ne s'agit pas de simplement donner de l'argent... Ne pourrait-on pas trouver de nouvelles façons de mettre fin à ce fléau? Par exemple, la Ville est propriétaire de plusieurs terrains. Pourquoi n'utilise-t-elle pas l'un d'entre eux pour bâtir de nouveaux logements abordables? »

- Mike Bulthuis, directeur général, L'Alliance pour mettre un terme à l'itinérance Ottawa (ATEH)

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