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Journée de l'accessibilité : Ottawa accommode-t-elle les personnes handicapées?

Robin Guillotte est un jeune fonctionnaire de 27 ans qui se déplace en fauteuil roulant. Il travaille dans un édifice situé en plein coeur du marché By. Pour profiter des attraits de son lieu de travail, il doit planifier tous ses déplacements. Un « job à temps plein » qui, parfois, prend les allures d'un parcours du combattant!

Un texte de Angie Bonenfant

Nous avons fait un petit tour du marché By en sa compagnie.

Impossible pour Robin Guillotte d'acccéder à une boutique de la promenade Sussex. L'entrée de la plupart des magasins est située en haut d'une marche et n'est pas équipée d'une rampe.

Pas toujours envisageable de profiter des terrasses. La plupart sont en hauteur et l'espace entre les tables ne lui permet pas toujours de circuler avec son fauteuil roulant.

Oubliez certains restaurants... s'il n'y pas une autre porte d'accès qui permet, par exemple, de passer par les cuisines, Robin doit choisir un autre restaurant.

Frustrant, vous dites! Robin prend le tout avec philopsophie. Le truc, dit-il, c'est de ne rien laisser au hasard.

bTrois lieux difficilement accessibles pour une personne handicapée à Ottawa/b

En 2012, la Ville d'Ottawa s'est dotée d'une politique dans laquelle elle s'est engagée à donner accès aux personnes handicapées à tous les services, programmes et biens municipaux.

La Ville a déployé des efforts pour modifier l'environnement où se trouvent ses installations, afin que les personnes ayant un handicap puissent profiter de tous les services, au même titre qu'un membre du public n'ayant pas de handicap.

Mercredi, à l'hôtel de ville, on a célébré la 13e édition de la Journée de l'accessibilité, un événement annuel au cours duquel les élus font le bilan de leurs accomplissements.

Or, même si on remarque de nombreuses améliorations, certaines parties de la capitale nationale demeurent toujours inaccessibles pour les personnes handicapées.

Andréa Produski, gestionnaire des programmes à Parrainage civique Ottawa, un organisme qui vient en aide aux personnes ayant une déficience, nous brosse un portrait de la situation.

b1. Les vieux quartiers : Glebe et Westboro/b

Les quartiers Glebe et Westboro sont une attraction, à Ottawa. Malheureusement, Andréa Produski remarque que la plupart des restaurants situés dans ces quartiers sont installés dans des édifices qui n'ont pas d'ascenseur, et les salles de bain se trouvent au sous-sol.

L'entrée des restaurants et des terrasses se trouve presque toujours en haut de quelques marches, indique-t-elle, et l'espace entre les tables est très limité.

Un endroit 100 % accessible, rappelle-t-elle, c'est un endroit où une personne handicapée peut se déplacer aussi facilement que des personnes qui ne sont pas en fauteuil roulant.

b2. Les quatre plages publiques/b

À Ottawa, ce ne sont pas les parcs et les plages publiques qui manquent. La capitale est d'ailleurs reconnue pour ces sites estivaux .

Or, souligne Mme Produski, aucune des plages n'a de rampes d'accès permettant à une personne en fauteuil roulant, par exemple, d'accéder à l'eau ou au sable.

« En Europe et en Amérique du Sud », dit-elle, « il y a des rampes pour rentrer dans l'eau et on peut emprunter des fauteuils roulantes spécialement construites pour l'eau. On n'a pas ça ici! »

b3. Les salles de bain publiques/b

Changer un bébé dans une salle de bain publique, rien de plus facile! Trouver une salle de bain ayant un comptoir pour changer la couche d'un adolescent ou d'un adulte relève, toutefois, de l'exploit.

« On entend beaucoup d'histoires de parents ou de proches qui doivent changer ces personnes sur le sol où c'est sale, difficile et pas très hygiénique », explique Andréa Produski. « Il n'y a aucun respect à faire ça comme ça! »

C'est particulièrement le cas dans les hôpitaux, souligne-t-elle, derniers endroits où on s'attend à voir une telle situation. À titre d'exemple, le Centre hospitalier pour enfants (CHEO) comporterait seulement deux salles de bain appropriées.

« Les personnes avec un handicap vivent de plus en plus dans la communauté, plaide Mme Produski, elles ne sont plus isolées à la maison ou dans un foyer communautaire. »

Il est nécessaire, dit-elle, de leur fournir les outils qui leur permettront de vivre pleinement dans leur communauté.

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