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Journée des Franco-Ontariens : La lutte pour l’éducation en français

Pour les francophones de l'Ontario, l'année 2017 aura certainement été marquée par le projet de l'Université de l'Ontario français. En cette journée des Franco-Ontariens, voici quelques exemples de luttes pour l'obtention d'établissements scolaires de langue française.

Le droit à l’éducation en français est au cœur des préoccupations de la communauté franco-ontarienne. Le règlement 17, qui interdisait l’enseignement en français dans les écoles de l’Ontario, a assimilé plusieurs générations de francophones. À la suite de son abolition en 1944, il faudra attendre plusieurs années avant que l’éducation en français ne reprenne sa place. Les années 70 et 80 seront marquées par de nombreuses actions pour mettre sur pied des établissements scolaires exclusivement en français. Nous en avons tiré quelques exemples de nos archives.

Le 23 avril 1982, le journaliste Claude Deschênes prend le pouls de la population de Penetanguishene. Les communautés anglophone et francophone viennent de traverser une importante crise scolaire. La tension est encore palpable quelques mois après l’ouverture officielle de l’école française Le Caron. Cette école secondaire aura une importance symbolique dans la mobilisation des Franco-Ontariens. Comme le dit le directeur de l’école Le Caron dans ce reportage : « Ce qui se déroule ici à Penetang, c’est un peu ce qui se déroule au niveau du continent, du Canada, mais en miniature ».

Certaines luttes mettent du temps à aboutir, comme en témoigne ce reportage du 10 mars 1983. Depuis plus de cinq ans, la communauté francophone d’Iroquois Falls multiplie les actions pour obtenir une école ou une entité française dans l’école secondaire déjà existante. Le journaliste Normand Hasty résume bien la situation : « Le conseil scolaire de la région s’y oppose fermement, tandis que la ministre de l’Éducation fait la sourde oreille ». Le désarroi du comité de coordination local est manifeste. L’impasse s’étirera sur plusieurs années, malgré l'intervention de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO).

Dans ce reportage du 6 février 1986, la communauté francophone d’Orléans réclame une seconde école primaire de langue française. Ouverte deux ans plus tôt, l’école Séraphin-Marion fonctionne déjà au maximum de sa capacité. Le journaliste Robert Jaros interroge des parents qui soulèvent leur préférence pour une école plus proche d’Orléans, l'école Séraphin-Marion étant située à Gloucester.

Nul doute, l’accroissement de la population francophone exige un ajustement rapide. En réponse à cette demande, le conseil d’éducation de Carleton mettra l’école Fairfield de Gloucester à la disposition des élèves francophones.

Au niveau universitaire, l’Université York prend position sur le bilinguisme durant la même période. Le 1er avril 1981, la journaliste Monique Deslauriers recueille la déclaration du directeur du collège Glendon, Philippe Garrigue. C’est la première fois qu’une université se prononce en faveur du bilinguisme en Ontario. Le professeur Garrigue voit un avenir florissant pour les Franco-Ontariens dans la région de Toronto. Il croit que cette position aura un impact positif sur la présence des francophones dans le système. Le slogan du collège Glendon à cette époque : « Choisir Glendon, c’est voir plus loin que le bout de sa langue ».

C’est aussi dans une autre université, celle de Sudbury, qu’a été hissé le drapeau franco-ontarien pour la première fois. Ce reportage de la journaliste Caroline Bourdua du 25 septembre 1995 rappelle cet événement historique. Le drapeau franco-ontarien, largement utilisé dans les mouvements de revendication, a ainsi pris racine dans la région de Sudbury.

Comme le montrent ces exemples des années 80, les francophones de l’Ontario se mobilisent et administrent eux-mêmes leurs établissements scolaires. Aujourd’hui, une grande revendication est à la veille de se concrétiser : la création d’une université franco-ontarienne.

L’Université de l’Ontario français devrait pouvoir accueillir ses premiers étudiants dès 2020. L’Ontario compte trois universités bilingues (Ottawa, Laurentienne et Glendon), mais aucune n’est exclusivement francophone.

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