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Justin Trudeau rencontre brièvement les manifestants autochtones

Le premier ministre Justin Trudeau a rencontré vendredi avant-midi les manifestants qui ont érigé un tipi sur la colline du Parlement, symbole des revendications autochtones à la veille des célébrations du 150e anniversaire du Canada.

Accompagné de sa femme Sophie Grégoire Trudeau, il s'est entretenu environ 20 minutes à l'intérieur du tipi avec quatre d'entre eux. À sa sortie, il n’a pas commenté la teneur de sa discussion avec ses interlocuteurs. Plus tard dans la journée, il a toutefois déclaré avoir livré un message de respect et de réconciliation.

Jeudi, M. Trudeau s'était dit sensible à leur message, admettant volontiers que plusieurs membres des Premières Nations n'ont pas le coeur à célébrer le 150e anniversaire de la fédération.

Sa visite a été une surprise pour les manifestants rencontrés quelques minutes après le tête-à-tête. Les militants ont dit avoir été mis au courant de la venue du premier ministre seulement quand la Gendarmerie royale du Canada s'est présentée pour fouiller le tipi.

Les manifestants ont salué la visite du premier ministre, mais ont toutefois laissé savoir que cela ne mettrait pas nécessairement fin à leur présence sur la colline.

« Je suis touchée », a affirmé Candace Neveau, une représentante de Bawaating Water Protectors. Les membres de l’organisation, qui affirment vouloir « réoccuper » la colline du Parlement située en territoire traditionnel algonquin, sont venus spécialement de Sault-Sainte-Marie, en Ontario, pour construire le tipi.

« Il n’a pas pu promettre grand-chose d’emblée », a quant à lui expliqué Ashley Courchene, membre de la Première nation Sagkeeng, qui a pris part à la rencontre avec le premier ministre.

« Nous sommes toutefois contents qu’il soit venu à notre rencontre et qu’il ait reconnu que ce que nous faisons est très important, a-t-il dit. Il a aussi apporté un bon point à la discussion en soulignant que c’était la première fois qu’un premier ministre canadien rencontrait des manifestants dans un tel contexte. Je l’ai d’ailleurs félicité pour cela. »

Cérémonies traditionnelles et sensibilisation

Les manifestants dénoncent notamment les conditions inhumaines avec lesquelles les communautés autochtones doivent composer.

Mercredi, ils ont installé leur tipi dans les environs du bureau du premier ministre, à environ 300 mètres de la scène principale où auront lieu les spectacles de la fête du Canada. Leur objectif est de sensibiliser les 500 000 festivaliers attendus à Ottawa, dont de nombreux touristes, à l'importance des Autochtones dans l'histoire du Canada.

Après de longues négociations avec la Gendarmerie royale du Canada, jeudi, les Autochtones ont déplacé leur tipi plus près de la scène centrale, dans les environs de l'édifice de l'Ouest.

Neuf d'entre eux avaient été arrêtés puis relâchés, avant que les autorités ne leur permettent finalement de s'installer sur la pelouse principale plutôt qu'en bordure du terrain.

La ministre du Patrimoine, Mélanie Joly, a soutenu, vendredi, que le gouvernement respecte le droit du groupe occupant le tipi de protester pacifiquement.

« Nous savons que des millions de Canadiens célébreront demain, mais pas tous les Canadiens », a dit Mme Joly, qui a elle aussi rencontré les manifestants vendredi matin.

« Dans le contexte du 150e du Canada, c'est notre moment de refléter les plus sombres chapitres survenus dans notre histoire, de travailler dans le sens de la réconciliation et de s'assurer que les 150 prochaines années soient nettement mieux en ce qui a trait aux relations avec les peuples autochtones », a ajouté la ministre.

Vendredi après-midi, une quinzaine de manifestants se trouvaient toujours sur place. Ils prévoient prendre part à des cérémonies traditionnelles tout le week-end. Le tipi devrait rester sur la colline jusqu'au 2 juillet.

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