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Kathleen Wynne sert un ultimatum aux enseignants anglophones du primaire

La première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, donne jusqu'au 1er novembre aux 78 000 enseignants des écoles publiques anglaises de l'élémentaire pour conclure une entente contractuelle ou, à tout le moins, mettre fin à leur grève du zèle, sinon leur salaire pourrait être amputé.

Mme Wynne dit avoir reçu une requête en ce sens de la part des conseils scolaires. Elle a décidé de donner une dernière chance aux négociations, mais sous une épée de Damoclès.

La première ministre n'a pas précisé quelle proportion du salaire des enseignants pourrait être amputée.

Mme Wynne a fait sa déclaration ce matin, après un tête-à-tête avec le président de la Fédération des enseignants de l'élémentaire, Sam Hammond, et les dirigeants syndicaux des employés de soutien des écoles, qui font aussi la grève du zèle.

« La situation dans les écoles n'est pas acceptable pour les élèves », avait-elle dit en entrevue à Radio-Canada, plus tôt ce matin.

La ministre de l'Éducation, Liz Sandals, explique que la Loi sur les relations de travail permet au gouvernement de changer les termes d'un contrat de travail à cinq jours d'avis, lors de moyens de pression.

La FEEO persiste et signe 

La Fédération des enseignants de l'élémentaire (FEEO) avait dit hier que ses membres, en grève du zèle depuis la rentrée, boycotteraient, à partir de mercredi prochain, toutes les activités parascolaires, y compris la supervision des épreuves sportives et des troupes de théâtre scolaires, faute d'une entente contractuelle d'ici là.

Les syndiqués n'organisaient déjà plus de sorties scolaires et refusaient de remplir la case des commentaires dans les bulletins, en plus de boycotter les rencontres avec les parents après les heures de classe.

Le président du syndicat, Sam Hammond, a répondu à l'ultimatum de Mme Wynne, aujourd'hui, en disant que ses membres ne se laisseraient pas influencer par des menaces. Il a ajouté qu'ils accentueraient leur grève du zèle la semaine prochaine, malgré la reprise des pourparlers contractuels.

Leurs collègues du secondaire menacent, eux, de lancer des moyens de pressions le 4 novembre à Toronto, faute d'une entente locale avec le Conseil scolaire public anglais de la métropole. La Fédération des enseignants des écoles secondaires avait conclu une entente, avant la rentrée, avec la province au sujet des salaires et des conditions de travail, mais il n'y a toujours pas eu d'accord avec le Conseil quant aux enjeux locaux. Le syndicat affirme qu'il y a un « manque complet de progrès à la table [des négociations] » et que le Conseil n'a « aucun respect » à l'endroit des enseignants.

Critiques de l'opposition

Le chef de l'opposition à Queen's Park, le conservateur Patrick Brown, dit que l'ultimatum de Kathleen Wynne, « c'est trop peu, trop tard ». Il croit que les libéraux auraient dû négocier « sérieusement » en juillet dernier.

De son côté, Mme Wynne écarte l'idée d'imposer un contrat de travail aux enseignants anglophones du primaire, comme l'avaient fait les libéraux sous son prédécesseur Dalton McGuinty.

2,5 M$, mais pas de factures

La première ministre Wynne a aussi défendu en entrevue à Radio-Canada la décision de son gouvernement de verser 2,5 millions de dollars à trois syndicats d'enseignants, y compris 500 000 $ pour l'AEFO, afin de les indemniser relativement aux longues négociations contractuelles des derniers mois.

« Ça coûte de l'argent pour négocier », a-t-elle affirmé, ajoutant que les ententes signées, incluant les hausses de salaire accordées aux enseignants, n'entraîneraient pas de dépassements budgétaires.

La ministre de l'Éducation, Liz Sandals, a admis qu'aucune facture n'avait été demandée aux syndicats, pour prouver leurs dépenses.

Les conservateurs, qui dénoncent ces subventions, se sont moqués du gouvernement sur Twitter.

Le chef conservateur Patrick Brown dit que « personne ne croit » les explications du gouvernement et qu'il s'agit d'un « affront » à l'endroit des contribuables.

Pour sa part, le syndicat des enseignants anglophones du primaire dit avoir refusé toute subvention gouvernementale.

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