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L'achalandage en forte hausse aux passages à niveau de Barrhaven

Certains passages à niveau de Barrhaven, à Ottawa, ont plus que le double du seuil maximal d'achalandage permettant d'envisager leur reconfiguration afin d'éviter les croisements, selon ce qu'a appris CBC.

La Ville d'Ottawa et VIA Rail ont reçu, en décembre 2014, un rapport d'évaluation de sécurité, qu'ils avaient commandé, sur sept passages à niveau du secteur de Barrhaven. Le rapport de 300 pages, préparé par la firme CIMA, faisait état d'un certain nombre de recommandations avec lesquelles la Ville a choisi d'aller de l'avant.

Toutefois, la recommandation de mener une étude d'ingénierie et de faisabilité sur la construction de passages supérieurs et inférieurs (qui passent au-dessus ou au dessous des passages à niveau) est demeurée lettre morte pendant plus d'un an.

La Ville a décidé d'aller de l'avant avec cette étude en février dernier.

Comment évaluer l'achalandage aux passages à niveau ?

Lorsque les experts évaluent un passage à niveau, ils multiplient le nombre moyen de véhicules, qui le traversent chaque jour, avec le nombre de trains, qui circulent sur cette même intersection. C'est ce qu'on appelle un « indicateur de produit croisé ».

Lorsque le produit croisé atteint plus de 200 000, une étude pour considérer l'aménagement d'un carrefour à niveaux différents doit être faite, selon les habitudes qui ont cours dans cette industrie, précise le rapport de la firme CIMA.

Selon les données de 2014, les produits croisés de la plupart des passages à niveau de Barrhaven sont bien au-dessus de 200 000.

Le passage à niveau le plus achalandé, selon le rapport, est celui situé à Greenbank. Son produit croisé est passé de 169 905, en 2010, à 845 388, en 2014.

Selon le rapport CIMA, la hausse du volume de trafic ne rend pas nécessairement le passage à niveau dangereux, mais augmente les risques de collisions.

Dans son rapport sur l'accident mortel entre un train et un autobus d'OC Transpo en 2013, le BST recommandait d'ailleurs que le ministère des Transport donne une orientation précise quant au moment où l'aménagement d'un passage supérieur doit être envisagé.

Un rapport qui n'a jamais été transmis aux élus municipaux

CBC a obtenu une copie de ce rapport auprès de la Ville, et ce deux semaines après en avoir fait la demande. Toutefois, les conseillers municipaux n'ont jamais obtenu copie du document, ce que déplorent certains d'entre eux.

Le rapport a cependant été envoyé à Transport Canada et au Bureau de la sécurité des transports (BST).

Par courriel, John Moser, directeur municipal par intérim des Services d'urbanisme et d'infrastructures à la Ville d'Ottawa, précise que le rapport est un document technique destiné à aider le personnel municipal et VIA Rail sur des questions d'ordre opérationnel.

Il ajoute que le personnel municipal produit ou commande fréquemment ce genre de documents, qui ne sont généralement pas diffusés de façon proactive, en raison de leur niveau technique.

De son côté, le conseiller municipal du quartier Collège, Rick Chiarelli, ne croit pas en cette explication. Il estime que le but de ces rapports est d'informer le conseil municipal.

Selon lui, la Municipalité devrait remettre ces rapports au conseil, même s'ils risquent de créer de la controverse. Pour lui, il s'agit d'une question de démocratie.

Nouvelle étude de faisabilité

C'est seulement en février 2016 que la Ville et VIA Rail ont lancé une étude de faisabilité sur la construction de passages à niveau séparés (passages supérieurs et inférieurs), soit plus d'an après le dépôt du rapport de la firme CIMA.

L'étude se penche sur les défis d'ingénierie et les coûts de la mise en place de telles structures.

Le lancement de l'étude fait aussi suite aux recommandations du BST, en décembre dernier, qui conseillait à la Ville d'Ottawa d'étudier à nouveau la nécessité d'aménager des passages supérieurs à certains de ses passages à niveau, dont celui de Fallowfield, où est survenu un accident mortel en septembre 2013.

La conseillère du quartier Barrhaven, Jan Harder, ne croit toutefois pas que des actions concrètes seront entreprises avant un an. Elle estime que l'étude ne sera pas menée à terme d'ici 2017. Ensuite, la Ville devra en prendre connaissance et décider ce qu'elle veut en faire, souligne-t-elle.

Il y a 10 ans, l'aménagement d'un passage supérieur avait été prévu pour l'avenue Woodroffe, le Transitway et le chemin Fallowfield. Toutefois, les coûts de cette mesure étaient évalués à plus de 100 millions de dollars, en raison la piètre qualité du sol.

La Ville avait donc convaincu le propriétaire de l'époque, le CN, de laisser tomber cette exigence.

Selon les règles actuellement en vigueur, VIA Rail n'est pas tenue de payer pour l'aménagement de passages supérieurs ou inférieurs.

D'après CBC

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