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L'AFO veut plus d'argent pour les médias francophones

L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO) réclame de l'aide financière des gouvernements fédéral et provincial pour les médias francophones qui font face à une baisse marquée des revenus publicitaires.

Un texte de Pascale Bréniel et Lisa Marie Fleurent

Dans un livre blanc publié mardi, l'AFO fait 27 recommandations pour aider les journaux, les périodiques et les stations de radio et de télévision à s'ajuster à un environnement dans lequel les gens s'informent de plus en plus en ligne.

Le groupe de pression réclame des subventions et des mesures pour aider les médias francophones de la province à survivre.

Citant des chiffres qui proviennent du Commissariat aux langues officielles, l'AFO rappelle que de 2007 à 2015, les revenus provenant de publicités fédérales dans les journaux francophones en milieu minoritaire avaient baissé de près de 80 %. Ottawa, comme d'autres clients, délaisse les médias traditionnels et opte pour la publicité en ligne.

L'AFO note que les Franco-Ontariens ont fait de nombreux gains au cours des dernières décennies, mais que les médias qui les informent dans leur langue sont en situation plus précaire.

Elle cite, à titre d'exemple, « l'instabilité financière » à Radio-Canada et le fait qu'il n'y a pas de programme provincial d'aide aux radios communautaires.

L'AFO souhaite aussi que l'accès à une bande passante plus large soit étendu, que les écoles utilisent davantage du contenu provenant des médias locaux francophones et que des mesures incitatives soient mises en place pour amener les jeunes francophones à se lancer en journalisme.

Un modèle dépassé?

Le professeur de l'Université d'Ottawa Pierre C. Bélanger reconnaît que les gouvernements ont un rôle à jouer dans la santé des médias en milieu minoritaire. Il n'est pas certain, toutefois, des résultats qu'auraient ces mesures si elles étaient appliquées.

De son côté, Radio-Canada, qui fait l'objet de quelques-unes des recommandations, n'a pas voulu divulguer le pourcentage de son budget qui est octroyé aux régions hors Québec.

« La raison pour laquelle nous ne sommes pas en mesure de préciser ça, c'est qu'il faut comprendre que les activités de Radio-Canada dans les régions et au réseau sont étroitement liées à tous les niveaux, a expliqué le directeur général des Services régionaux de Radio-Canada, Marco Dubé. Donc il est à peu près impossible -- et je pense que ça serait inefficace aussi -- de tracer une ligne aussi rigide dans la séparation de nos budgets. »

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