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L’Aïd, cette fête musulmane où l'on se sucre le bec

« Il faut se gâter. » Pour l'Aïd el-Fitr, l'une des fêtes les plus importantes de l'année pour la communauté musulmane, Youssef Zarkaoui, le gérant d'une petite épicerie spécialisée de Gatineau, n'y va pas par quatre chemins quand il s'agit de pâtisseries sucrées. Dans les commerces comme le sien, les gâteaux au miel, aux amandes ou aux pistaches se font compétition sur les comptoirs, pour mieux appâter ceux qui ont jeûné un mois pendant le ramadan.

Un texte d’André Dalencour pour Les malins

« Après la rupture du jeûne, on mange beaucoup de sucreries », explique le sympathique commerçant avec un grand sourire gourmand. « C’est pour donner de l’énergie. Les gens, ici, cette année, c’est pratiquement 18 heures sans manger, sans boire. »

Il y a par exemple les petits gâteaux fourrés aux amandes et enduits de miel dont il raffole lui-même, et qu’il fait venir spécialement de Montréal. Il compte bien en vendre des dizaines de boîtes pendant l’Aïd.

« Pour nous, c’est comme la période des fêtes de Noël. Je dirais que c’est 20, 30 % de plus de chiffres d’affaires. Il ne faut surtout pas tomber malade », précise Youssef Zarkaoui dans un éclat de rire.

D’autres gérants nous ont confié que leur affluence et leur chiffre d’affaires global pouvaient même doubler.

Nourriture et culture

Son commerce, M. Zarkaoui le considère comme un trait d’union entre les communautés d’une ville à l’autre. Il y voit aussi une vocation sociale : ses clients comptent sur lui pour s’approvisionner et il ne veut surtout pas les décevoir.

« Un Québécois qui va aller en France, il va adorer manger une poutine. Ça va lui manquer », explique-t-il pour illustrer son propos.

Youssef Zarkaoui déplore d’ailleurs qu’il n’y ait pas, dans la région de la capitale nationale, de fournisseur certifié en pâtisseries maghrébines, cette région d’Afrique du Nord qui va de la Mauritanie à la Libye. C’est parce que les traditions culinaires ne sont pas les mêmes dans le monde musulman, qui s’étend jusqu’en Asie.

« C’est la même fête, c’est le même jour, sauf que la façon de faire est différente, les plats sont différents », précise-t-il.

Selon l'épicier, les pâtisseries maghrébines contiennent par exemple plus souvent des amandes. Celles qui sont confectionnées selon la tradition algérienne sont particulièrement colorées et décorées.

Le miel, la crème et les cadeaux

Si M. Zarkaoui voulait trouver des fournisseurs en pâtisserie du Moyen-Orient, il n’aurait par contre aucun problème à en trouver du côté d’Ottawa, notamment en ce qui a trait aux spécialités libanaises.

« Les Libanais aiment beaucoup les baklavas et la crème achta. C’est le cœur de toutes les pâtisseries. Tu mets ça dans presque tout », détaille Abir Malak, la fille du propriétaire de la pâtisserie du même nom.

Sur les étagères, des paniers cadeaux enrubannés s’alignent, prêts pour le pic d’affluence de la fin de journée. Il n’y a d’ailleurs pas que des Libanais musulmans parmi les clients. Des catholiques viennent aussi faire leurs emplettes sur place.

« Au coucher du soleil, tout le monde a faim. Mais ce n’est pas juste ça. C’est parce que le monde se voit plus, se visite plus. Et en tant que tradition, dans le mois du ramadan, c’est important de donner. [...] Ça veut donner des pâtisseries à tout le monde, parce que ça fait plaisir et c’est bon », explique la commerçante.

Les célébrations entourant la fin du ramadan peuvent durer jusqu'à trois jours. La tradition veut que l’on en profite pour visiter la parenté, partager un bon repas, échanger des voeux, des cadeaux… Et des pâtisseries.

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