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L’aide médicale à mourir au cœur des préoccupations des professionnels de la santé ontariens

Près de 200 professionnels de la santé de l'Ontario sont réunis, lundi, à l'Hôpital Royal d'Ottawa afin de discuter des questions éthiques et légales entourant l'aide médicale à mourir.

Cette initiative est à mettre à l'actif notamment de la directrice clinique du programme de gériatrie psychiatrique de l'Hôpital Royal, la Dre Michelle Tremblay.

Elle a constaté que de nombreux médecins ontariens se posaient des questions éthiques et légales depuis que la Cour Suprême avait légalisé l'aide médicale à mourir.

« Je ne dirais pas que c'est de la crainte. Je pense qu'on a chacun une conscience, puis il faut prendre en compte et respecter nos objections, nos façons de penser », indique-t-elle.

La conférence a donc pour but de les aider à trouver des réponses à leurs questions, mais aussi de les amener à réfléchir, discuter et s'outiller au sujet de cette nouvelle réalité.

Mme Tremblay soutient que le personnel médical ontarien a déjà beaucoup d'expériences sur les soins de fin de vie et certains ont développé des convictions fortes à ce sujet. Il faut donc voir comment il est possible d'en tenir compte, sans négliger les désirs des patients.

« La loi ne nous oblige pas à agir, mais va nous permettre, quand on est contre ou que ce n'est pas dans nos objectifs, de référer à un autre professionnel de la santé. En fin de compte, d'écouter le malade pour ce qu'il veut lui-même », explique-t-elle.

Encore des points à éclaircir

Les participants à la conférence pourront bénéficier du point de vue d'une équipe du Québec, qui présentera la loi en vigueur dans la Belle Province.

Michelle Tremblay estime d'ailleurs que le dispositif adopté au Québec est très clair concernant les critères d'admissibilité.

« Pour mourir au Québec, il faut vraiment avoir une maladie incurable puis un décès qui vient rapidement. Tandis que présentement, ce qui est décrit du point de vue canadien est beaucoup plus large », déplore-t-elle.

La province de l'Ontario n'a pas encore modifié sa législation, mais déjà des patients se renseignent sur l'aide médicale à mourir, selon Carmelia Cimoglia.

Cette travailleuse sociale, qui est aussi membre du comité d'éducation au programme de gériatrie psychiatrique de l'Hôpital Royal d'Ottawa, voit la conférence comme une opportunité de prendre un peu d'avance sur les changements à venir.

« Ça commence [...] à arriver. On a déjà eu des individus qui posent la question, qui veulent savoir comment ça va avoir un effet sur leur vie, leur décision à la fin de vie. C'est pour ça qu'on a trouvé que ça va être une bonne opportunité », affirme-t-elle.

Une présentation de l'avocate Judith Wahl, dont le cabinet offre de l'aide juridique aux aînés de Toronto, permet d'aborder l'aspect juridique de la question. L'adjoint parlementaire du ministre de la Santé de l'Ontario, John Fraser, prend également la parole au courant de la journée.

Avec des informations de Laurie Trudel

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