Retour

L’appui du ministre de la Santé au centre d’injection supervisée à Ottawa réjouit les instigateurs du projet

L'appui du ministre de la Santé et des Soins de longue durée de l'Ontario au projet de centre d'injection supervisée du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, à Ottawa, représente une avancée « significative », selon les instigateurs du projet.

Rappelons que lundi, le ministre Eric Hoskins a fait savoir qu'il avait fait parvenir une lettre à son homologue fédérale, la ministre Jane Philpott, dans laquelle il demandait au gouvernement fédéral d'accorder au Centre de santé communautaire une exemption à la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, en vue d'ouvrir un tel endroit.

Selon le directeur du Centre, Rob Boyd, l’appui du ministre constitue une étape déterminante.

« C’est un changement significatif. L’appui du ministre est primordial. Nous avons besoin de l’appui des gouvernements provincial, fédéral et local, afin d’aller de l’avant avec ce projet », a-t-il expliqué.

M. Boyd dit aussi compter sur un appui important des résidents du quartier. Selon lui, 80 % des participants aux consultations tenues l’an dernier se sont dits en accord avec l’ouverture d’un tel centre.

Inquiétudes du maire et des policiers

Rob Boyd ne s’inquiète pas outre mesure de l’opposition du maire d’Ottawa Jim Watson au projet.

Il rappelle que ce dernier, bien qu’opposé personnellement, a dit qu’il appuierait la position du médecin en chef de Santé publique Ottawa. Or, le Dr Isra Levy soutient l’idée d’un tel centre.

En fin de journée, une porte-parole de la Ville d’Ottawa a spécifié que l’approbation de la Municipalité n’était pas obligatoire. Le conseil municipal n’interviendrait que si un conseiller présentait une motion s’opposant à un service offert par Santé publique Ottawa.

Or, l’organisme a confirmé ne pas avoir l’intention de se mêler dans la venue d’un centre d’injection supervisée, spécifiant cependant qu’il appuyait les « principes généraux » d'un tel projet.

Par ailleurs, les inquiétudes soulevées par le Service de police d’Ottawa (SPO), qui craint que l'ouverture d'un tel centre à Ottawa augmente le taux de criminalité, ne sont pas ignorées par le directeur du Centre de santé communautaire Côte-de-Sable.

Mais M. Boyd croit pouvoir rassurer les forces de l’ordre en misant sur un « préposé à l’accueil mobile ». Celui-ci se déplacerait partout en ville, afin de diriger les toxicomanes vers le Centre, puis à l’extérieur de celui-ci, en toute sécurité.

M. Boyd croit pouvoir ainsi mieux contrôler les allées et venues dans le quartier. Il indique que son organisme va finaliser et envoyer sa demande au gouvernement fédéral d’ici le 18 janvier.

De son côté, le coordonnateur du programme de gestion de cas intensifs au Centre de santé communautaire Côte-de-Sable, Jean-François Martinbault, a tenu à rappeler l’urgence de la situation.

Les opiacées sont un problème à Ottawa. Il faut un lieu sécuritaire pour que les gens puissent consommer de façon sécuritaire. Quand les gens consomment de façon sécuritaire, ils font un pas de plus vers leur santé.

Jean-François Martinbault. coordonnateur du programme de gestion de cas intensifs, Centre de santé communautaire Côte-de-Sable

La direction du Centre de santé communautaire souhaite que le centre d'injection ouvre ses portes d'ici l'été.

À l'heure actuelle, Vancouver est la seule ville canadienne à détenir des centres d'injection supervisée.

Avec les informations du journaliste Jérémie Bergeron

Plus d'articles

Commentaires