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L'arrestation brutale d'une résidente d'Ottawa au coeur d'un procès civil

L'arrestation brutale d'une résidente d'Ottawa est au coeur d'un procès civil qui a commencé mercredi au palais de justice. Roxanne Carr affirme demeurer profondément traumatisée et maladivement terrorisée par la violence que les policiers lui auraient fait subir en août 2008.

Un texte de Pascale-Marie Dufour

Incapable de reprendre une vie normale depuis cet événement, la femme réclame aujourd'hui 975 000 $.

L'arrestation

C'est Mary Susan Cardill, la mère de la plaignante, qui a été le premier témoin à être appelée à la barre.

Elle a expliqué d'une voix posée avoir reçu, au début de l'après-midi du 23 août 2008, un appel de sa fille. Roxanne Carr lui disait que la police était chez elle, à la demande de son colocataire et ex-conjoint qui souhaitait l'expulser.

Lorsque Mary Susan Cardill arrive sur les lieux une vingtaine de minutes plus tard, elle voit sa fille menottée aux pieds et aux mains, à l'arrière d'une autopatrouille.
Sa fille de 40 ans, qui n'a aucun antécédent judiciaire, est dans un état de grande panique, hystérique, et crie inlassablement à sa mère que la police veut la tuer. Mary Susan Cardill tente d'apaiser sa fille et remarque sur son corps plusieurs marques rouges et des égratignures.

Le siège arrière de l'autopatrouille avait été retiré, Roxanne Carr était étendue contre une structure de métal qui, selon elle, était brûlante. Au bout de quelques minutes, lorsque les policiers ont séparé Mary Susan Cardill de sa fille, Roxanne Carr ne criait plus, mais elle sanglotait.

Roxanne Carr sera libérée une douzaine d'heures plus tard. Sa mère prend plus d'une vingtaine de photos d'ecchymoses, égratignures et éraflures sur le corps de sa fille pour ensuite l'emmener à l'hôpital. Selon le diagnostic du médecin tel que rapporté par la témoin, Roxanne Carr souffre d'une brûlure au second degré à une main et d'une double fracture du poignet.

Les conséquences de l'arrestation

La mère de Roxanne Carr a expliqué avec émotion en cour que la vie de sa fille a basculé après cet événement. Sa personnalité a complètement changé, elle a perdu sa joie de vivre.

Roxanne Carr souffrirait d'un choc post-traumatique en raison de la brutalité qu'elle aurait subie lors de son arrestation. La plaignante, qui a déjà travaillé dans le secteur de la haute technologie, est incapable de retourner sur le marché du travail. Elle est maladivement obsédée par la police, est devenue paranoïaque, et terrorisée à la simple vue d'une autopatrouille. Elle n'a plus de contrôle sur ses émotions, a peur de se promener seule et demeure persuadée que la police chercher à l'appréhender de nouveau.

Son avocat, Lawrence Greenspon, avance que la police a eu envers sa cliente un comportement illégal, qu'elle a brimé ses droits, a fait preuve d'une force excessive, et que les agissements de la police sont tout simplement inexcusables.

Roxanne Carr, qui est aujourd'hui âgée de 47 ans, est incapable de reprendre une vie normale depuis cet événement. C'est pourquoi elle poursuit la police d'Ottawa et la Commission des services policiers pour 975 000 $.

Le témoignage de Roxanne Carr a débuté mercredi et se poursuivra jeudi. La vidéo de l'arrivée de la plaignante au bloc cellulaire sera l'un des éléments de preuve qui seront déposés en cour.

Une douzaine de témoins seront appelés à la barre d'ici les huit prochains jours.

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