Après un passé tumultueux marqué par la consommation de drogue, la criminalité et les gangs de rue, René Lépine reprend aujourd'hui le contrôle de sa destinée. C'est littéralement sa vie qu'il dit devoir au Lab, un lieu de création destiné aux jeunes adultes marginalisés dans le secteur de Hull, à Gatineau.

Un texte de Joly-Anne Ricard

L'homme de 34 ans, passionné de rap, revient de loin.

Dès l'école secondaire, il a été plongé dans le milieu des gangs de rue. Mâchoire fracturée, blessure par balle... son passé a été marqué par la violence. « J'en ai vu de toutes les sortes », confie-t-il.

René Lépine fréquente le Lab depuis quatre ans. Il s'agit pour lui d'un endroit où il peut créer, à l'abri des tentations et des bruits de la rue. Le rap lui permet d'évacuer son désir de vengeance, en plus de l'empêcher de traîner dans les rues et de commettre des crimes.

Amené à suivre une thérapie à la suite de l'intervention du Lab, René Lépine a délaissé depuis 11 mois la plupart des drogues qu'il consommait, sauf la marijuana. « Tu ne peux pas arrêter tout. C'est impossible », avance-t-il.

Le fait de venir au Lab l'a ramené sur terre. Il dit avoir retrouvé son estime de soi, sa confiance, sa passion. « Je voulais sauter en bas du pont », raconte-t-il.

Tout va maintenant beaucoup mieux pour René Lépine, mais sa bataille n'est pas terminée pour autant. La vie reste pour lui un combat de tous les instants. « Des fois, la rue, elle veut me ravoir », lance-t-il.

Laurie Trudel a rencontré Marie-Ève Parent, coordonnatrice du Lab. Ce point de service du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO) est un lieu de création pour aider les jeunes.

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