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L'avenir de Hawkesbury « passe par les petites et moyennes entreprises »

La fermeture de l'usine de la papetière Canadian International paper (CIP) au début des années 1980 a signalé le début de la fin d'une période prospère pour la ville de Hawkesbury.

Un texte de Denis Babin

Il y a eu ensuite la fermeture de l'usine d'Amoco en 1999.

Celle du fabricant de pare-brise américain PGW a subi le même sort en 2009.

Les deux usines ont depuis, l'une après l'autre, été rasées.

« Malheureusement, la fermeture de la CIP a déclenché un départ de l'industrie lourde de la région. Ç'a été un choc dur pour la région », raconte le président de l'Association d'investissement industriel de Hawkesbury (AIIH), Philippe Legault.

Depuis, Hawkesbury tente de se relever, de se défaire de l'image peu envieuse attribuée par la publication MoneySense qui classe la municipalité parmi les « pires villes au pays » année après année.

Selon le président de l'AIIH, l'avenir de Hawkesbury passe par les petites et moyennes entreprises.

« Depuis plusieurs années, on voit tranquillement qu'on se dirige vers les PME pour essayer de combler ce vide-là », fait remarquer Philippe Legault.

En effet, il y a des signes tangibles que les PME permettent à l'économie locale de reprendre graduellement son souffle.

Les travaux effectués par l'entreprise québécoise Biscuits Leclerc, qui est en train d'augmenter substantiellement la superficie de ses installations, en sont un bon exemple.

Les entreprises locales bénéficient aussi des retombées générées par la modernisation de l'Hôpital général de Hawkesbury, un projet dont la facture globale se chiffrera, une fois complété, à plus de 176M$.

Le français, un atout

Artères nouvellement pavées, usine de traitement des eaux usées modernisée, la Ville de Hawkesbury a aussi fait sa part pour se rendre attrayante en injectant plusieurs millions dans ses infrastructures au cours des dernières années.

Selon la mairesse Jeanne Charlebois, même si ce n'est pas encore la frénésie, sa municipalité suscite beaucoup d'intérêt de la part d'entrepreneurs de la Belle province.

Il y a entre autres l'ancien ministre québécois David Whissell, de retour dans le monde des affaires, qui planifie de construire une usine d'asphalte dans l'est de la ville.

Des PME actives sur la scène internationale

Dans le parc industriel, des joueurs comme l'entreprise de produits naturels Green Beaver poursuivent leur croissance tout en innovant.

Celle-ci est devenue d'ailleurs la première entreprise canadienne à obtenir la certification « Zero Plastic » qui garantit entre autres l'absence de microbilles dans ses produits.

« Nous sommes l'une des rares entreprises canadiennes qui fabriquent des produits de soins personnels à la fois naturels et biologiques », lance fièrement son PDG et cofondateur, Alain Ménard.

La PME franco-ontarienne, qui emploie une vingtaine de personnes, s'attaque ces jours-ci à deux des plus importants marchés de consommation au monde : les États-Unis et la Chine.

« Nous sommes dans une phase de planification en ce moment. Il faut qu'on prépare nos provisions », indique le microbiologiste de formation.

Dart Areospace, un fabricant de composantes et d'équipements pour hélicoptère, est une autre PME de Hawkesbury qui brasse des affaires sur la scène internationale.

À la fin des années 1990, l'entreprise fondée en Colombie-Britannique, qui emploie environ une centaine de personnes à Hawkesbury, a choisi d'établir son siège social dans l'Est ontarien, tout près du marché québécois et de son industrie aéronautique.

« On profite d'un coût compétitif dans la main-d'œuvre, des frais fixes. Par exemple, le pied carré est beaucoup moins cher ici que dans la région de Montréal », explique le vice-président des opérations commerciales et du service après-vente de Dart Aerospace, Alain Madore.

La vente au détail : le plus gros employeur

En 2015, la vente au détail est le secteur qui a employé le plus grand nombre de travailleurs, soit 26% de la population active de Hawkesbury.

Viennent aux 2e et 3e rangs l'industrie manufacturière, ainsi que le milieu de la santé et des services sociaux qui emploient respectivement 19% et 15% de la main-d'œuvre locale.

Une initiative mise de l'avant par l'AIIH, en partenariat avec le Centre de services à l'emploi de Prescott-Russell, pourrait toutefois permettre aux PME à vocation industrielle d'occuper une plus grande place dans le marché de l'emploi.

La construction d'une bâtisse au coût de 3M$ pour permettre à celles-ci de poursuivre leur essor a été annoncée au mois d'avril.

La première pelletée de terre doit avoir lieu à l'automne.

« Notre économie présentement, locale et régionale, passe par les PME. Donc, il faut être à les aider à grandir », ajoute le président de l'AIIH, Philippe Legault.

Chez Green Beaver, on aime bien cette idée, surtout si elle permet ultimement de rapatrier les jeunes dans la région.

« Souvent, ce qui arrive, ils partent à l'université ou au collège, à Ottawa ou à Montréal, et souvent, ils ne reviennent pas. En créant des opportunités, en créant des emplois, ces jeunes-là vont revenir », croit Alain Ménard.

Entre-temps, Hawkesbury a encore fort à faire pour retrouver le chemin de la prospérité.

L'an dernier, le salaire moyen s'y élevait à 39,943$, ce qui représente 82% de la moyenne nationale.

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