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L’avocat d’un présumé meurtrier veut faire venir des témoins de l’Île Maurice aux frais du contribuable

Un homme accusé d'avoir tué son ex-conjointe et ses beaux-parents, il y a quatre ans, à Gatineau, était de retour en cour, mardi. Son avocat veut déposer une requête exceptionnelle : il souhaite que la province défraie les coûts de déplacement et de séjour de témoins de l'Île Maurice, lors du procès.

Un texte de Pascale-Marie Dufour

L'avocat de Shakti Ramsurrun a l'intention de déposer une requête pour que la province paie pour faire venir deux témoins de cette île de l'océan Indien.

Richard Dubé a l'intention de plaider que son client a droit à une défense pleine et entière. Il affirme que cette défense est étroitement liée au témoignage de certaines personnes qui ont côtoyé l'accusé à l'Île Maurice.

L'accusé est considéré comme « indigent », tout comme sa famille. Les proches de Shakti Ramsurrun sont pauvres et n'ont pas accès à Internet.

C'est pourquoi son avocat est convaincu que la meilleure façon d'obtenir leurs témoignages est de les faire venir ici, au Canada.

Puisque l'accusé bénéficie de l'aide juridique, l'avocat allègue que la province doit payer pour ces déplacements, afin d'assurer un procès juste et équitable.

« Les jurés s'attendraient, je pense, à avoir une preuve complète, qui implique d'avoir devant eux les témoins qui racontent les faits, sans limitation de temps ou de moyens technologiques », explique Richard Dubé.

Une requête indispensable, selon la défense

L'avocat estime que les témoins ne resteraient au pays que quelques jours.

Me Dubé demandera au gouvernement de défrayer le voyage et le séjour des deux témoins mauriciens, qui pourront attester de l'état d'esprit de l'accusé dans les mois précédant le triple meurtre.

Les dépenses reliées à cette requête seraient limitées à quelques milliers de dollars, selon l'avocat. Il reconnaît que sa requête n'est pas courante, mais néanmoins indispensable.

Cette dernière devrait être déposée au plus tard, le 27 mai prochain.

Le procureur des poursuites criminelles et pénales compte également faire entendre des témoins de l'Île Maurice au cours du procès, mais ils comparaîtront par vidéoconférence.

La Couronne a déjà fait savoir qu'elle s'opposera à la requête de l'avocat de l'accusé.

Un drame familial

Rappelons que Shakti Ramsurrun est accusé de triple meurtre. Le 24 mai 2012, il aurait tué à l'arme blanche son ancienne conjointe Anne-Katherine Powers, la mère de cette dernière, Louise Leboeuf, et le conjoint de celle-ci, Claude Lévesque.

L'accusé vivait depuis six mois dans la résidence des victimes. Auparavant, il habitait avec sa conjointe à l'Île Maurice. Selon les enquêteurs, l'accusé venait de rompre avec la jeune femme, avant les meurtres.

Selon la preuve récoltée par la Couronne, l'accusé aurait fait preuve de harcèlement criminel envers Anne-Katherine Powers, pendant leur vie commune à l'Île Maurice.

L'avocat de M. Ramsurrun a l'intention de présenter une défense d'automatisme dans le cadre du procès. Cela signifie que l'état de conscience de l'accusé était diminué au moment des faits. La personne est capable d'agir, mais n'a pas le plein contrôle sur ce qu'elle fait.

Le procès de Shakti Ramsurrun devrait commencer le 3 avril 2017.

Avec des informations Geneviève Garon

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