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L'homme accusé de l'enlèvement d'Amanda Lindhout demande le report de son procès

L'homme accusé de l'enlèvement de la journaliste Amanda Lindhout en Somalie veut faire reporter son procès. La Couronne craint pour sa part que délais supplémentaires mettent sa tenue en péril.

Plus de neuf ans après l'enlèvement de Mme Lindhout, Ali Omar Ader devait faire face à des accusations criminelles de prise d'otage lundi au palais de justice d'Ottawa. Trois semaines de procès sont prévues devant la Cour supérieure de l'Ontario.

Or, la défense affirme que l'accusé ne peut pas avoir présentement un procès équitable en raison des procédures entourant les informations sensibles qui pourraient être divulguées.

La Cour fédérale du Canada a statué récemment que certaines informations classifiées devaient rester sous scellées. La divulgation de ces renseignements pourrait nuire aux relations internationales, à la sécurité ou à la défense, selon le gouvernement.

Les avocats de M. Ader ont toutefois indiqué qu'ils faisaient appel de cette décision. L'un d'eux, Trevor Brown, a indiqué que certaines de ces informations étaient pertinentes pour le procès.

« La meilleure chance d'avoir un procès équitable est de bien le faire la première fois », a commenté Me Brown.

La Cour supérieure de l'Ontario doit donc décider mardi si le procès commencera jeudi ou s'il sera mis en suspens, possiblement pour plusieurs mois, le temps que ce différend soit réglé.

Crainte de délais déraisonnables

De son côté, la Couronne s'oppose au report du procès. Le procureur Croft Michaelson s'inquiète que des délais supplémentaires mettent en péril la tenue du procès. C'est que selon l'arrêt Jordan de la Cour suprême, les délais sont tenus pour déraisonnables et peuvent forcer l'arrêt des procédures s'ils excèdent 30 mois. Or, les procédures, dans le cas de M. Ader, ont déjà duré 27 mois.

Me Michaelson estime que l'appel de la défense a peu de chances de succès et que la confidentialité de certaines informations n'empêchera pas la tenue d'un procès équitable.

Des témoins en provenance de l'Alberta, des États-Unis, de l'Europe et de l'Australie sont attendus à ce procès.

Des faits qui remontent à 2008

Amanda Lindhout et le photographe Nigel Brennan ont été enlevés par un homme armé et masqué près de Mogadiscio, en août 2008, et ont été libérés le 25 novembre 2009.

M. Ader, un Somalien âgé de 40 ans, aurait joué un rôle de négociateur. Il a été arrêté par la GRC à Ottawa en juin 2015.

Dans le cadre des motions préalables au procès, le printemps dernier, il a été révélé que le suspect a été arrêté après avoir été attiré au Canada par un scénario élaboré. Un des éléments du scénario était une fausse proposition de contrat de publication d'un livre.

La Couronne a choisi l'option de l'accusation directe, évitant l'étape de l'enquête préliminaire.

Amanda Lindhout, âgée de 36 ans, a publié ses mémoires à la suite des 460 jours passés en captivité, où elle relate notamment avoir subi des agressions sexuelles.

En 2009, la journaliste originaire de Red Deer en Alberta a créé la fondation Global Enrichment, un organisme à but non lucratif dédié à la formation de leaders en Somalie à travers l'éducation et des programmes communautaires.

Elle a aussi écrit des articles et donné des conférences sur le pardon, la compassion, la responsabilité sociale et la détermination.

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