Retour

L’impact environnemental des Grands feux suscite des questions

ICI Radio-Canada a obtenu, en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, une série de rapports sur l'empreinte environnementale des Grands feux du Casino sur le lac Leamy. À la lumière de ces informations, l'organisme Sentinelle Outaouais se questionne sur les mesures qui sont prises pour protéger la rivière des Outaouais, maintenant que l'événement a déménagé au Musée canadien de l'histoire.

Les trois rapports, qui datent d'août 2010, de mars 2010 et de mars 2011, ont été commandés pour l'un par la Ville de Gatineau et, pour les deux autres, par la Commission de la capitale nationale (CCN).

Les résultats des analyses de l'eau à la plage du lac Leamy montrent qu'en général les concentrations en métaux lourds (cadmium, chrome, cuivre, plomb et zinc) ne sont pas alarmantes.

Certaines sont supérieures aux normes fédérales et provinciales, mais pas dans des proportions qui sont préoccupantes.

Par contre, le taux de cuivre et de plomb dans la zone de dépôt des feux d'artifice est supérieur au seuil d'effet nocif. Le rapport note « une augmentation importante de concentration des métaux dans les sédiments, y compris ceux qui sont associés aux feux d'artifice, dans la zone de dépôt des feux, par rapport aux sédiments du milieu avoisinant du lac Leamy ».

Les différentes analyses soulignent aussi que les taux de perchlorate sont beaucoup plus élevés dans les eaux de surface à la suite d'un spectacle, même s'ils sont en dessous des seuils recommandés.

« Les métaux lourds et le perchlorate, qui est un élément souvent utilisé dans la fabrication des explosifs et des feux d'artifice, peuvent affecter les écosystèmes. Ça peut donner des séquelles neurologiques aux poissons, cela peut affecter les êtres humains au niveau de la thyroïde », indique la directrice des opérations au Québec pour Sentinelle Outaouais, Adèle Michon.

Les auteurs des rapports s'accordent pour dire que le perchlorate est une substance qui a du mal à se dissiper et à se décomposer après l'événement. La bonne nouvelle est qu'elle ne s'accumule pas dans les eaux de surface.

Par ailleurs, en ce qui concerne les sédiments, les métaux lourds s'y retrouvent en plus grande quantité, tout comme les débris (plastiques, cartons, papier d'aluminium, câbles). L'un des rapports note à ce sujet qu'il est de la responsabilité des organisateurs de réduire leur empreinte environnementale.

Des questions à propos de la rivière des Outaouais

À la lumière de ces informations, Mme Michon affirme que le déménagement des Grands feux vers le Musée canadien de l'histoire, sur le bord de la rivière des Outaouais, est une bonne chose.

« Il faut comprendre que le lac Leamy est un environnement sensible pour la biodiversité. Il y avait par exemple une héronnière, la plage où les gens vont se baigner. [...] C'est un petit lac, donc il n'y a pas la capacité de dilution comme il y aurait sur la rivière des Outaouais », explique-t-elle.

Elle apprécie le fait que le nouvel emplacement est beaucoup moins sensible et qu'il n'y a pas de lieu de baignade à proximité.

La directrice des opérations au Québec pour Sentinelle Outaouais déplore cependant qu'il n'y ait pas encore d'étude réalisée comme celles qui ont été produites pour le lac Leamy.

« Il n'y a pas encore d'études de ce genre qui sont prises. [...] C'est quelque chose qu'on va regarder des près. On va regarder le type de matériaux, le nettoyage qu'ils font après les feux », annonce-t-elle.

Une rencontre est prévue cet après-midi entre Sentinelle Outaouais et les organisateurs des Grands feux pour savoir quelles sont les mesures qui sont mises en place pour atténuer les effets nocifs de l'événement sur l'écosystème.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une tempête de neige au Colorado rend la conduite difficile





Rabais de la semaine