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L’initiative « Le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien » bat de l’aile

Celle qui a eu l'idée de lancer « Le 25 septembre, j'achète un livre franco-ontarien » est à bout de souffle. Mireille Messier aimerait bien que la communauté littéraire franco-ontarienne se mobilise autour de cette journée.

Un texte de Nadine Phaneuf

L’auteure de livres jeunesse a lancé l’initiative en septembre 2015 avec son ami, le défunt poète Michel Dallaire. « Il y avait déjà l’événement "Le 12 août, j’achète un livre québécois" qui fonctionnait bien au Québec, alors on s’est dit qu'on pourrait le faire ici, en Ontario », dit Mme Messier, jointe à sa résidence de Toronto.

Avec l’aide d’un ami, les deux écrivains ont créé une page Facebook et invité les gens à se prendre en photo avec un livre franco-ontarien acheté le jour même. Environ 600 personnes ont répondu à l'appel. L’événement fonctionnait bien. Mais, déjà, l’année suivante, il a commencé à perdre des plumes. Une centaine de personnes seulement se sont alors manifestées sur la page Facebook. Les médias en ont peu parlé : c’était un dimanche, et les librairies étaient fermées.

Manque de ressources

Cette année, malgré le décès de son acolyte Michel Dallaire, Mireille Messier a tenté de poursuivre l’aventure. Elle dit avoir contacté des librairies, des maisons d’édition et aussi des organismes provinciaux, dont l’Association des auteures et auteurs de l’Ontario français (AAOF) et le Regroupement des éditeurs canadiens-français (RECF). La réception? Tiède.

Joint au téléphone, le directeur général de l’AAOF, Yves Turbide, ne tarit pas d’éloge sur l’initiative du 25 septembre, mais plaide le manque de ressources. « Je suis le seul employé à temps plein dans le moment. Je n’arrive pas à tout faire », souligne-t-il. L’AAOF espère qu’elle pourra contribuer au projet l'année prochaine.

Au RECF, on considère que cela n’entre pas dans la mission de l’organisme. « Nous sommes favorables à cette initiative, mais nous n’en sommes pas les initiateurs. On propulse et on amplifie ce que les gens font », précise son directeur général, Frédéric Brisson.

Les deux organismes ont donc publié une affiche de l’événement sur leur site web ou leur page Facebook. Une affiche créée par la maison littéraire Les Éditions David, qui, elle, a décidé de faire les choses en grand.

Les Éditions David à la rescousse

Les Éditions David, une entreprise installée à Ottawa, n’a pas lésiné sur les moyens pour souligner la journée du 25 septembre. La maison a créé une illustration qui invite les lecteurs à acheter un livre franco-ontarien le 25 septembre. Elle l'a relayée sur toutes ses plateformes numériques.

Elle a aussi fabriqué des affiches en collaboration avec l'illustrateur franco-ontarien Marc Keelan-Bishop. L’entreprise a contacté les autres maisons d’édition et les librairies indépendantes francophones, de même que l’AAOF et le RECF, pour les inviter à utiliser le matériel disponible. Certains l’ont fait, mais l’invitation est souvent restée lettre morte.

La responsable des communications des Éditions David souhaiterait que le RECF porte le flambeau : « On met de l'avant nos livres à nous, on invite les gens à prendre une photo d’eux avec un livre de notre maison d’édition. Il faudrait qu’un organisme plus large prenne le relais pour qu’on parle de tous les livres franco-ontariens. Mais on ne peut pas forcer les gens », conclut Véronique Sylvain.

Initiatives isolées

En attendant, faute de soutien, Mireille Messier a fermé la page Facebook « Le 25 septembre, j’achète un livre franco-ontarien ». Certaines librairies, comme Le coin du livre, à Ottawa, offriront 20 % de réduction sur les livres franco-ontariens lundi. Les actions restent isolées.

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