Retour

L’Ontario compte tester un revenu minimum garanti

Dans le budget provincial déposé le mois dernier, l'Ontario promet de lancer un projet pilote pour tester la mise en place d'un revenu minimum garanti afin de lutter contre la pauvreté.

L'idée est aussi sur le radar du gouvernement fédéral. Un comité à majorité libérale a demandé au premier ministre Justin Trudeau de se pencher la question dans un rapport prébudgétaire présenté vendredi.

Le ministre des Finances de l'Ontario, Charles Sousa, dit que la province n'a pas encore décidé dans quelle communauté le projet pilote sera lancé. « C'est quelque chose que les gens semblent vouloir que l'on essaie, alors nous pensons à quelque chose à l'automne », a-t-il dit.

« D'autres juridictions l'utilisent et je veux voir si c'est quelque chose qui pourrait fonctionner pour nous, alors il est important pour nous de faire un projet pilote, de tester et de voir ce qu'il en découle », a-t-il ajouté.

Plus efficace et moins coûteux

Des partisans de l'idée estiment qu'un revenu minimum garanti pour des familles qui vivent sous le seuil de pauvreté serait plus efficace et moins couteux que d'administrer les différents programmes sociaux existants.

Ils croient aussi que la pauvreté est l'un des facteurs principaux dans une mauvaise santé et qu'un revenu minimum garanti permettrait de réduire les coûts des soins de santé.

« La pauvreté nous coûte à tous. Elle accroît les coûts en santé, des services de police et tire l'économie vers le bas », a dit l'ex-maire de Toronto, le sénateur Art Eggleton le mois dernier en demandant un projet pilote national pour un revenu minimum garanti.

9 % des Canadiens sont pauvres

Environ 9 % des Canadiens vivent dans la pauvreté, mais cette proportion est plus grande pour les mères célibataires et les communautés autochtones.

Si le projet pilote de l'Ontario est conçu correctement, il pourrait permettre d'éliminer certains « incitatifs pervers » qui institutionnalisent la pauvreté, croit Danielle Martin, vice-présidente du Women's College Hospital à Toronto.

Le programme Mincome

Le Canada a déjà fait l'expérience d'un revenu minimum garanti à Dauphin au Manitoba en 1970. Le programme Mincome n'avait pas découragé les gens de chercher du travail, à l'exception de deux groupes, les jeunes mères et les adolescents qui choisissaient de rester à l'école jusqu'à l'obtention d'un diplôme. Il y avait aussi eu une baisse de 8,5 % des visites à l'hôpital, précise Danielle Martin.

Le Centre d'action pour la sécurité du revenu a dit qu'il faut faire en sorte que personne ne se retrouve dans une situation pire qu'avant à cause du projet pilote de l'Ontario.

Les personnes qui touchent l'aide sociale en Ontario, ont aussi leurs médicaments et soins dentaires payés et reçoivent de l'aide pour les frais de garderie. Il ne faudrait pas qu'ils perdent ces avantages à cause d'un revenu minimum garanti, soutient Danielle Martin.

Il ne faut cependant s'imaginer que les personnes qui toucheront un revenu minimum garanti auront la belle vie, affirme Art Eggleton.

Selon lui, « la façon dont on a traité la pauvreté a échoué. Nous devons essayer une approche différente ».

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine