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L’Ontario doit-il arrêter de financer les écoles catholiques à 100 %?

L'éducation francophone laïque pour tous est un acquis au Québec... mais qu'en est-il de l'Ontario? Avec l'Alberta et la Saskatchewan, l'Ontario est la dernière province canadienne à financer à 100 % deux systèmes scolaires distincts : laïque et catholique. Ainsi, plusieurs régions ne sont desservies que par des écoles catholiques francophones.

Un texte de Natasha MacDonald-Dupuis

L'Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario (ACÉPO), qui représente les conseils scolaires publics de langue française, souhaite qu'un seul système d'éducation laïque financé par les fonds publics soit préconisé par la province.

Il y a 48 municipalités en Ontario où il n’y a aucune école laïque francophone, en plus des endroits où il y a des écoles, mais pas assez.

Denis Chartrand, Association des conseils scolaires des écoles publiques de l'Ontario

Selon Denis Chartrand, plusieurs parents laïques doivent ainsi se résigner à inscrire leurs enfants dans des écoles catholiques, ou se tourner vers des écoles d’immersion ou des écoles de langue anglaise.

L’ACÉPO qui participe jusqu’à samedi au Symposium sur l'éducation publique à Toronto maintient qu’une fusion des systèmes scolaires permettrait aux écoles d’offrir de meilleurs services et des choix de cours plus diversifiés.

« L'union fait la force, on pourrait également revendiquer de façon plus intéressante auprès du gouvernement », explique Denis Chartrand.

Une division qui coûte cher

Le maintien de deux systèmes entraîne aussi le dédoublement de plusieurs coûts, dans l’administration notamment.

Selon une étude de l’Association des quartiers urbains de l’Ontario, une amalgamation des systèmes scolaires catholiques et laïques engendrerait des économies d’échelle d'un milliard de dollars pour la province.

C’est une option que le gouvernement Wynne a cependant rejetée à maintes reprises.

En attendant, l’ACÉPO reconnaît que l’idée relève pour l’instant d’une « utopie », et demande davantage de financement pour pouvoir construire plus d’écoles publiques de langue française en Ontario.

Un droit constitutionnel

Le président de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques, Jean Lemay, rejette l’idée d’avoir un seul système d’éducation laïque financé en entier par la province.

Dans les petits villages, où les deux systèmes sont disponibles, presque à 80 % les parents choisissent l’école catholique de langue française. Je ne veux pas enlever ce choix aux parents.

Jean Lemay, président de l'Association franco-ontarienne des conseils scolaires catholiques

Il ajoute que l'éducation catholique est un droit en Ontario, puisqu'il est assuré par la Constitution. Toutefois, sept provinces, dont le Québec en 1997, se sont depuis départies de ce privilège.

Ce droit est également contesté par l’Organisation des Nations Unies, qui a officiellement réprimandé le Canada à deux reprises – en 1999 et en 2005 – pour avoir violé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, en permettant « un privilège accordé à un groupe religieux et refusé aux autres ».

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