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L'Ontario hausse le financement de programmes contre les violences « sexistes »

Le procureur général et la ministre des Affaires francophones de l'Ontario ont réitéré l'engagement du gouvernement Wynne de hausser de 242 millions de dollars sur trois ans l'enveloppe destinée aux différents programmes de lutte contre la violence dite sexiste et aux programmes d'aide aux victimes de cette violence.

La nouvelle Stratégie pour mettre fin à la violence sexiste avait été lancée le 1er mars.

Cette Stratégie vise à aider les survivants et les survivantes de violence conjugale ou sexuelle à comprendre leurs droits, l'aide dont ils peuvent bénéficier, qu'elle soit pour des urgences ou à plus long terme, et comment ils peuvent s'y retrouver dans les dédales judiciaires et devant la cour de la famille.

Entre autres, un programme offrant des avis juridiques indépendants gratuits, qui est offert à titre de projet pilote dans trois villes, dont Ottawa, depuis 2016, sera étendu à l'échelle de la province.

L'enveloppe destinée aux centres d'aides aux victimes de violence conjugale et sexuelle doit également augmenter de 30 %, en vertu de la nouvelle Stratégie, afin de permettre à ces organismes d'améliorer leur programme et d'embaucher du personnel supplémentaire.

La ministre des Affaires Francophones, Marie-France Lalonde, soutient que le gouvernement se devait d'accroître les efforts de lutte contre la violence conjugale et sexuelle, en raison des pressions sur les organismes d'aide issues des mouvements de dénonciation.

« Les gens sont devenus beaucoup plus solidaires, les femmes se mobilisent, les gens vont chercher des services et ce que cela a fait c'est une pression encore plus grande sur le système », a déclaré Mme Lalonde.

Pour certaines intervenantes toutefois, ces hausses ne suffiront pas à répondre aux besoins, qui ont explosé en raison du mouvement #metoo.

« Nous on va se concentrer pour les maisons d'hébergement et pour les Calacs », ajoute la directrice générale d'Action contre la violence faite aux femmes (AOCVF) Maïra Martin.

La répartition des fonds dans les différentes régions de la province n'a pas encore été déterminée.

C'est un sujet de préoccupation pour les intervenantes en violence conjugale et sexuelle, qui travaillent dans les régions rurales et francophones, comme Anne Jutras, qui dirige d'ailleurs le Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS) de Prescott-Russell.

« Les femmes sont très isolées, il n’y a pas de transport, elles n'ont pas accès à une variété de services », explique Mme Jutras.

La stratégie provinciale reconnait que la plupart des victimes de violence conjugale et sexuelle sont des femmes. Mais, l'Ontario veut élargir son aide aux personnes victimes de « toute forme de violence fondée sur le sexe, l'expression sexuelle ou l'identité de genre d'une personne et visant à la contrôler et à lui nuire. »

Au moyen de cette stratégie, le gouvernement ontarien veut également mettre l'accent sur des programmes de prévention de la violence, en offrant aux partenaires violents des séances d'éducation et de counselling de groupe spécialisées.

Avec les informations de Josée Guérin et Christian Milette

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