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L'Ontario songe à « protéger » des pharmacies et cliniques

Un nouveau projet de loi déposé par les libéraux de l'Ontario prévoit que les pharmacies, les hôpitaux et les cliniques de l'Ontario où l'on prescrit ou distribue la pilule abortive pourraient demander la création de zones d'accès sécurisées, où il serait interdit aux manifestants antiavortement de s'installer.

Le gouvernement de l'Ontario avait annoncé le 4 octobre que l'adoption du projet de loi entrainerait automatiquement la création de zones tampons d'un rayon de 50 à 150 mètres autour des huit cliniques d'avortement de la province.

En visite aux bureaux de l'organisme Planning des naissances d'Ottawa jeudi dernier, le procureur général Yasir Naqvi a précisé que cette protection ne se limiterait pas seulement aux cliniques d'avortement.

« D'autres établissements qui offrent des services d'avortement, comme les hôpitaux, les centres de santé et les pharmacies, pourraient postuler pour obtenir des zones d'accès sécurisées », a-t-il expliqué.

M. Navqi a affirmé que ces établissements sont inclus dans le projet de loi parce que des professionnels de la santé y prescrivent ou offrent la pilule abortive Mifegymiso.

En août 2017, le gouvernement ontarien a lancé un programme pour rembourser le coût de cette pilule pour toutes les femmes possédant une carte santé valide et une prescription du médecin.

Des problèmes envisagés

Bien que la possibilité de postuler pour une zone de protection soit une demande de Planning des naissances d'Ottawa, l'organisme estime que la nature publique de la liste des établissements protégés pourrait entrainer des problèmes.

« Ce sera un élément dissuasif pour les fournisseurs qui se diront ''Je peux appliquer pour obtenir une zone d'accès protégée pour ma clinique, mais en faisant cela, je vais me retrouver sur une liste de lieux potentiels pour des manifestations'' », a affirmé la directrice de l'organisme, Catherine Macnab.

« C'est un peu contradictoire, alors nous avons hâte de voir comment cela va fonctionner », a-t-elle ajouté.

Le ministère reconnait que le projet de loi prévoit la création d'une liste comprenant les noms, les adresses ainsi que l'étendue du territoire protégé pour chacun des établissements qui en bénéficieront.

Les zones établies autour des résidences des fournisseurs de services d'avortement ne se retrouveront toutefois pas sur cette liste, afin de protéger leur vie privée, a précisé le ministère dans un communiqué.

Du cas par cas pour les pharmacies

D'après l'association des pharmaciens de l'Ontario, les manifestations n'ont pas été un problème jusqu'à maintenant pour ses pharmacies-membres qui offrent la pilule abortive.

Dans un communiqué, l'association a affirmé que si cela devait être le cas dans le futur, les demandes pour une zone d'accès sécurisée seraient faites au cas par cas.

« La priorité de l'APO a toujours été et continue d'être la sécurité et le bien-être de nos patients et de nos pharmaciens à travers la province », a rappelé l'association.

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