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L'organisatrice de campagne du Parti conservateur renvoyée à Ottawa

L'une des plus proches conseillères de Stephen Harper est renvoyée à Ottawa après une série de faux pas qui ont fait dévier le message du chef conservateur.

Jenni Byrne a été réaffectée au quartier général du parti à Ottawa. Elle n'accompagnera plus le chef pour le reste de la campagne. Le chef de cabinet du premier ministre, Ray Novak, avait subi le même sort après la tempête médiatique entourant le procès du sénateur Mike Duffy.

Tout indique que c'est le renvoi dans la controverse de deux candidats conservateurs dans la région de Toronto, annoncés en début de semaine, qui a scellé le sort de Mme Byrne, qui avait la responsabilité de filtrer les candidats pour s'assurer que leur dossier était sans tache.

L'un de ces deux candidats a été filmé en train d'uriner dans la tasse d'un client alors qu'il travaillait comme technicien de service, en 2012. L'autre se moquait des personnes handicapées dans des pièges téléphoniques qu'il enregistrait et partageait sur YouTube.

Autre écueil : les journalistes qui tentaient mercredi de s'adresser au ministre sortant des Affaires étrangères, Rob Nicholson, ont été empêchés de le faire par des membres de l'organisation conservatrice. Une autre a été chahutée par des militants alors qu'elle posait une question à Stephen Harper sur la crise des migrants.

Appelé à commenter le départ de la conseillère, jeudi matin à l'Île-du-Prince-Édouard, Stephen Harper a répondu qu'il ne discuterait pas publiquement « des questions de staffing », se contentant de dire qu'il avait « une bonne équipe ».

De son côté, le chef libéral Justin Trudeau a répondu que son attention n'était pas concentrée sur la campagne de M. Harper, mais sur « l'échec » de celui-ci à « créer des conditions justes et réelles dont les Canadiens ont besoin pour leurs communautés et la croissance du Canada ».

Recentrer le message

Des sources conservatrices soutiennent que la décision de renvoyer Jenni Byrne à Ottawa s'inscrit dans un effort pour recentrer le message de la campagne conservatrice, alors que celui-ci se fait doubler depuis des semaines par des événements d'actualité.

D'abord, le procès de Mike Duffy a permis de constater que plusieurs conseillers dans l'entourage de Stephen Harper étaient au courant que l'ex-chef de cabinet du premier ministre Nigel Wright avait remboursé 90 000 $ au sénateur Duffy.

Ensuite, la crise des migrants a mis en évidence la lenteur du processus d'accueil des réfugiés syriens au Canada. M. Harper a depuis promis qu'un gouvernement conservateur accélérerait la relocalisation de ces réfugiés s'il était reporté au pouvoir le 19 octobre, mais qu'il le ferait « prudemment ».

Le Parti conservateur est actuellement troisième dans les sondages.

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