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L'Université d'Ottawa ménage son partenariat avec le Bureau de la traduction

Le controversé outil de traduction automatique du Bureau de la traduction continue à faire des remous à l'Université d'Ottawa. Si l'établissement défend la liberté d'expression de l'un de ses professeurs, qui s'est montré critique envers le logiciel, elle ne veut pas non plus tourner le dos à ses partenariats d'affaires.

Dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, l'Université d'Ottawa affirme défendre la diversité des points de vue, et la liberté d'expression de ses professeurs.

« L'Université encourage son corps professoral et tous les membres de sa communauté universitaire à maintenir et promouvoir cette liberté d'expression, et faire du campus une tribune propice à l'expression de différents points de vue et de débats », explique la gestionnaire des relations avec les médias de l'Université d'Ottawa, Néomie Duval.

Toutefois, l'établissement dit vouloir maintenir son partenariat « très important » avec le Bureau de la traduction, dans la mesure où l'organisme fédéral assure des possibilités de stage et d'emplois à des étudiants.

« Le maintien de ce partenariat est très important pour l'École de traduction et d'interprétation, car elle assure une expérience enrichissante pour ses étudiants, favorisant l'apprentissage de divers outils/approche de traduction, ainsi que de stage lors de leurs études et de possibilités d'emploi futur », précise Mme Duval.

Cette prise de position intervient après que Radio-Canada a révélé que la présidente du Bureau de la traduction, Donna Achimov, avait envoyé un courriel à la directrice de l'École de traduction au sujet du professeur de traduction Charles Le Blanc. Le message a aussi été adressé au doyen de la Faculté des arts et au sous-ministre champion de l'Université d'Ottawa.

Dans la missive, elle souligne des erreurs factuelles commises par ce dernier, sans précisément les indiquer.

M. Le Blanc a perçu cette démarche comme une tentative d'intimidation, sachant qu'il s'est explicitement prononcé contre l'outil de traduction automatique de l'organisme fédéral et qu'il a demandé la démission de Mme Achimov.

Le syndicat prudent

Pour sa part, le syndicat des professeurs de l'Université d'Ottawa n'a pas souhaité accorder une entrevue formelle sur le dossier.

La présidente de l'organisation, Jennifer Dekker, a cependant laissé entendre à Radio-Canada qu'il était effectivement possible de parler de tentative d'intimidation.

Elle défend néanmoins la directrice de l'École de traduction, Luise Von Flotow, qui a répondu à l'organisme fédéral en s'excusant pour les erreurs commises par Charles Le Blanc, le cas échéant.

D'après un reportage de Catherine Lanthier

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