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L'UQO en mode rattrapage pour contrer la violence sexuelle

Près de deux semaines après la controverse entourant une activité à caractère sexuel organisée par des étudiants sur le campus de l'Université du Québec en Outaouais (UQO), Radio-Canada a appris que l'établissement en faisait peu pour prévenir la violence à caractère sexuel. Il s'agit d'une situation que l'administration entend maintenant changer.

Le recteur de l'UQO, Denis Harrison, reconnaît que son établissement doit travailler sur la prévention, la sensibilisation et la formation en matière de lutte à la violence à caractère sexuel.

Selon M. Harrisson, toute la communauté universitaire doit maintenant se mobiliser sur cette question.

Trop peu trop tard, pour un comité de femmes

Bien que l'Université se soit engagée en mars 2016 dans la campagne « Sans oui, c'est non! » sur le consentement sexuel, la direction n'avait pas, jusqu'à tout récemment, fait d'actions concrètes dans ce dossier. Des affiches sur les murs de l'université et un lien vers le site Internet de la campagne sont apparus après la controverse, bien que l'administration assure que ce déploiement était déjà prévu.

Les groupes de femmes de l'Université, qui organisent des activités de prévention et de sensibilisation, aimeraient obtenir une meilleure collaboration de la part de l'administration. « On n'a pas observé une grande volonté de l'UQO à vraiment faire quelque chose avec le comité [de la campagne « Sans oui, c'est non! »] », souligne Valérie La France-Moreau, présidente du Comité des femmes de l'UQO et représentante du comité « Sans oui, c'est non ».

« Moi, ça fait deux ans que j'organise des activités [du Comité des femmes] et j'ai jamais vu personne de la haute administration à mes activités. Ils ne participent à aucune activité », déplore Mme La France-Moreau.

L'UQO accélérera la cadence

Le recteur Harrisson se dit maintenant prêt à faire plus.

M. Harrisson souhaite maintenant établir une action concertée avec le Comité de la condition féminine du Syndicat des professeures et professeurs de l'Université du Québec en Outaouais (SPUQO) et le Comité des femmes pour prévenir les incidents à caractère sexuel. « La nouvelle donne, c'est qu'on se coordonne et qu'on fasse des choses un petit peu plus sérieuses », souligne le recteur.

L'Université travaille d'ailleurs à l'élaboration d'un plan stratégique, qui sera développé au cours des prochains mois, afin de faire de l'établissement un milieu exempt de violence, notamment de violence sexuelle.

L'établissement rappelle que, malgré des lacunes pour prévenir les violences à caractère sexuelles, elle dispose d'une politique contre le harcèlement et le harcèlement sexuel, une politique de santé et sécurité au travail et un code de conduite. Un processus de plaintes et de dénonciations est aussi déjà en place, mais sera révisé.

L'UQO affirme également être en lien avec le Centre d'aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) de l'Outaouais. Une intervenante du centre soutient toutefois que son organisme n'a jamais été contacté directement par l'administration de l'Université, ni avant ni après la controverse. La CALAS collabore toutefois avec les comités de femmes de l'université et les étudiants, notamment pour offrir des formations sur le thème de la « culture du viol ».

Avec les informations de la journaliste Laurie Trudel

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