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L'UQO n'en fait pas assez contre la « culture du viol », dénoncent des groupes de femmes

Des groupes de femmes dénoncent le manque de collaboration de la direction de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) pour lutter contre ce qu'ils qualifient de « culture du viol ». Cette sortie publique fait suite à un jeu à caractère sexuel suggéré dans le cadre d'une soirée, jeudi dernier, au bar universitaire Le Tonik.

Des étudiants ont vivement dénoncé la distribution d'une liste contenant des défis osés, tels que la prise en photo d'un sein ou d'une brassière.

Certaines militantes féministes voient cet incident comme une preuve de plus de l'existence d'une « culture du viol » au sein de l'établissement postsecondaire.

Selon le Comité des femmes de l'UQO et le Comité de la condition féminine du Syndicat des professeures et professeurs de l'UQO (SPUQO), cette situation perdure depuis plusieurs années.

Or, les deux groupes affirment que l'Université a attendu cet incident pour finalement s'engager à agir et à faire de la sensibilisation auprès de ses étudiants et de son personnel.

« On a beaucoup de difficulté à obtenir de la publicité, de la visibilité pour nos activités, nos événements », raconte la professeure et responsable du Comité de la condition féminine du SPUQO, Stéphanie Demers. « Et malheureusement, en ce qui concerne les fonds, ce n'est pas quelque chose qui semble être sur le radar. »

Mme Demers soutient que les enjeux qui touchent les femmes ne sont pas une priorité. Elle donne en exemple un incident qui s'est produit au café-bar Le Tonik, il y a deux ans, alors que l'établissement n'était pas sous l'administration de l'AGE-UQO.

On s'est même déjà fait expulser du café-bar Le Tonik, parce que la conférence qui était donnée par une survivante du viol était considérée [comme] inappropriée pour les lieux.

Stéphanie Demers, responsable du Comité de la condition féminine du Syndicat des professeures et professeurs de l'UQO

Les deux comités demandent aux dirigeants de l'UQO de poser des actions concrètes. Ils rappellent que l'établissement fait partie de la campagne provinciale « Sans oui, c'est non! » contre la violence à caractère sexuel et affirment qu'il faut passer de la parole aux actes.

Des problèmes existent, reconnaît le recteur

Le recteur Denis Harrisson n'était pas disponible pour une entrevue, lundi matin, puisqu'il se trouvait à Saint-Jérôme, selon le responsable des communications de l'UQO.

Lors d'un point de presse, vendredi, M. Harrisson a reconnu que certaines mesures doivent être prises pour contrer les inconduites de nature sexuelle. Il a toutefois refusé de parler de « culture du viol ».

« Ce sont les étudiants, surtout, qui disent ça, qu'il y a une culture du viol », a-t-il lancé. « Ça fait partie du vocabulaire. Je ne le sais pas. Je ne peux pas vous dire s'il y a une culture ou pas de ce type-là à l'Université. »

M. Harrisson a reconnu que son établissement doit agir contre les comportements répréhensibles avant même que des plaintes officielles soient déposées.

Dans un courriel envoyé aux membres de la communauté universitaire, la semaine dernière, le recteur a rappelé que le harcèlement et la discrimination ne sont pas tolérés.

M. Harrisson a affirmé que l'envoi de ce message était déjà prévu avant les événements de jeudi soir au bar Le Tonik.

D'après un reportage de la journaliste Laurie Trudel

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