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La candidature de Patrick Brown pourrait mener à un « fratricide politique »

L'entrée de Patrick Brown dans la course à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario pourrait mener à des luttes intestines sans merci qui pourraient faire mal au parti, estiment des experts.

« On est dans la période où le parti devrait être en train de rallier toutes ses ressources pour se battre contre Kathleen Wynne », estime Jim Warren, un stratège politique qui a travaillé avec le Parti libéral de l'Ontario.

« Au lieu de cela, ils s’arment les uns contre les autres et sont sur le point de déclencher une fusillade à la OK. Corral », ajoute-t-il, en faisant référence à la plus célèbre fusillade de l'histoire de l'Ouest américain.

« On va assister à une lutte contre alliés, une espèce de fratricide politique, si vous voulez. ».

Changement de stratégie

L'ex-chef Patrick Brown, qui a démissionné dans la foulée d'allégations d'inconduite sexuelle en janvier, a posé à la dernière minute vendredi sa candidature pour redevenir chef.

Les quatre autres candidats, qui se préparaient à affronter des adversaires ayant des avantages politiques à peu près similaires, devront maintenant réviser leurs plans de match pour se concentrer sur Brown.

L'ancien leader a déjà l’appui de nombreux partisans et une vaste expérience politique.

« Il a été chef pendant deux ans et a vendu beaucoup de cartes de membres. Ces nouveaux membres portent-ils allégeance au parti ou à Patrick Brown? » se questionne Jim Warren.

Un cadeau pour les libéraux

Quoi qu’il en soit, la candidature de Patrick Brown est un « cadeau » pour les libéraux, estime le PDG de la firme de relations publiques Navigator et stratège conservateur de longue date, Jaime Watt.

« Ça nuit à tous les candidats en ce moment, alors qu’on se trouve à un point tournant de l'histoire de l'Ontario », dit-il.

La candidature de Patrick Brown doit toujours être approuvée par les dirigeants du parti, qui prendront une décision dans les prochains jours.

Selon Nelson Wiseman, professeur de sciences politiques à l'Université de Toronto, il est possible qu’ils décident de rejeter sa candidature.

« Bien qu'il soit encore membre, le parti pourrait décider qu'il n'est pas un membre en règle, ce qui est l'une des conditions à remplir. »

Mais au moins un député, plusieurs candidats et de nombreux membres du parti ont déjà exprimé publiquement leur soutien à Patrick Brown, signe qu'un mouvement populaire pourrait s’être mobilisé autour de lui.

Le nom du chef sera connu le 10 mars.

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