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La candidature de Pierre Leroux est loin de faire l'unanimité chez les libéraux

À moins d'un revirement aussi soudain que spectaculaire, le maire de Russell, Pierre Leroux, sera officiellement déclaré ce vendredi candidat libéral dans Glengarry-Prescott-Russell (GPR) en vue des élections générales ontariennes qui se tiendront en juin prochain.

Un texte de Denis Babin

Il va ainsi remplacer le député provincial actuel, Grant Crack, qui a annoncé son retrait de la vie politique la semaine dernière.

Ce fait pour ainsi dire accompli est toutefois loin de faire l’unanimité au sein des troupes libérales.

Entre autres, certains militants de longue date, comme Marie-Noëlle Lanthier, conseillère municipale de La Nation et présidente de l’Association libérale fédérale de Glengarry-Prescott-Russell, remettent en question l'allégeance politique de Pierre Leroux.

Ce dernier, rappelons-le, se décrit comme étant « socialement libéral », mais « fiscalement conservateur ».

« Est-ce que c’est possible de changer de camp, de passer de conservateur à libéral, ce n’est pas impossible. C’est arrivé par le passé. Du jour au lendemain? Ça, c’est moins possible », juge Marie-Noëlle Lanthier.

Cette dernière l'avoue d'emblée : elle aurait aimé présenter sa candidature.

« J’avais vraiment le feu vert [de mon conjoint] de ce côté-là. Oui, j’aurais été intéressée. Mais vous savez, ces décisions-là, nous avons besoin de les mûrir », confie-t-elle.

Une « occasion ratée »

Même si elle se dit consciente que le parti peut désigner un candidat sans consulter ses membres, Marie-Noëlle Lanthier qualifie néanmoins la situation actuelle « d’occasion ratée » pour les libéraux de Kathleen Wynne, car une investiture aurait permis, selon elle, de rallier les troupes et de recruter du sang neuf.

« Ça [une investiture] amène de nouvelles personnes au parti. [...] Souvent, il y a des personnes qui ne se seraient pas nécessairement impliquées en politique qui vont être là pour soutenir leur candidat. Ça crée un engouement », ajoute-t-elle.

À l’instar de Marie-Noëlle Lanthier, Estelle Patenaude, une femme d’affaires d’Embrun, fait partie d’un mouvement visant la promotion du leadership féminin dans la région.

Défaite par Francis Drouin lors de l’investiture des libéraux fédéraux dans GPR en 2015, Estelle Patenaude se dit « déçue que [le député] Grant Crack n’ait pas pensé [au mouvement] pour vérifier l’intérêt des femmes ».

« On veut encourager les femmes à y aller. On parle de parité. Bien, il ne faut pas que ce soit juste un vœu pieux ce discours-là. Il faut qu’on agisse en conséquence » , affirme-t-elle.

Aller voter ou demeurer à la maison?

Estelle Patenaude est d’avis qu’en choisissant de désigner un candidat, le Parti libéral fait fausse route, car cela pourrait inciter bon nombre de militants à demeurer à la maison le jour du scrutin.

« On perd de la crédibilité [...] et on perd la confiance des électeurs », pense-t-elle.

Ainsi, dans Glengarry-Prescott-Russell, les libéraux se retrouvent plongés dans une controverse qui n’est pas sans rappeler celle vécue par les progressistes-conservateurs en décembre 2016.

Le rejet d’une candidature par l’ancien chef du parti, Patrick Brown, avait alors soulevé le mécontentement dans ses troupes.

Le conseiller de La Nation Marc Laflèche, qui n’est officiellement associé à aucun parti, se demande si la grogne qui règne au sein des deux formations politiques ne bénéficiera pas au Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario.

« Peut-être [...] que ça peut [permettre] au NPD de se faufiler entre les deux partis. Si le NPD a un candidat de bon calibre, peut-être que Glengarry-Prescott-Russell pourrait tourner orange », croit-il.

Encore faut-il que le NPD se trouve un candidat pour défendre ses couleurs dans Glengarry-Prescott-Russell le 7 juin, ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle s’il faut se fier au site officiel du parti.

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