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La chorégraphe Noémie Lafrance, de New York à Gatineau

Si la vidéo Mirrors de Justin Timberlake, In the end de Snow Patrol ou encore la cérémonie d'ouverture des jeux panaméricains par le Cirque du Soleil en 2015 vous dit quelque chose, alors vous avez déjà admiré le travail de Noémie Lafrance. Cet été, la chorégraphe de renom présente un premier spectacle dans la ville de son enfance.

Un texte de Christelle D'Amours

Brillant grâce à une carrière bien établie à New York, Noémie Lafrance cumule les collaborations avec la crème de l’industrie du divertissement.

Entre autres, elle a pu diriger Carly Rae Jepson, Justin Timberlake, Justin Bieber et Alicia Keys pour sa prestation à l’ouverture de la finale de l’Union européenne des associations de football (UEFA) Champions League en 2016.

La chorégraphe de renommée internationale possède sa compagnie - Sens Productions - basée à Brooklyn dans la ville de New York depuis 2001. Elle partage son temps entre ses propres créations et des contrats de chorégraphe qui lui sont proposés.

Bien qu’elle amasse les succès, Noémie Lafrance a de la difficulté à identifier sa plus grande réalisation. Elle évoque Descent, une pièce créée autour d’un escalier en colimaçon, qui marque une étape importante dans la création de sa réputation de chorégraphe.

L‘artiste considère aussi que sa collaboration à la vidéo 1234 de Feist est un point de départ dans sa carrière commerciale. « Je pense que ça a amené quelque chose de frais dans le monde des vidéos de musique avec quelque chose de naturel », affirme-t-elle.

Des bancs d’école jusqu’à la « grosse pomme »

Originaire de Gatineau, celle qui a commencé à danser à l’âge de 13 ans a foulé ses premières planches alors qu’elle étudiait à l’École secondaire publique De La Salle à Ottawa.

Elle a poursuivi sa formation à l’école Les ateliers de danse moderne de Montréal Inc. avant d’intégrer la prestigieuse institution de Martha Graham à New York. C’est à cette période qu’elle a décidé d’y fonder sa propre compagnie.

« À ce moment-là dans ma vie, ça m’intéressait de continuer ma démarche là-bas et de poursuivre aussi des contacts et des opportunités que j’avais là-bas », indique celle qui a quitté sa ville d’enfance pour ne plus y revenir. « Ce n’est pas un choix prémédité, c’est un choix qui s’est produit un peu par hasard. »

L’importance du moment présent

Noémie Lafrance travaille beaucoup au cinéma. Cependant, elle affectionne particulièrement les prestations devant public, qui proposent un défi plus impressionnant.

« Quand tu enregistres un film et que tu fais une erreur, tu as juste à recommencer et effacer celui-là. Mais quand tu travailles devant un public, tout doit être mis au point, donc tu dois répéter, répéter, répéter », nous dit-elle, en précisant que le cinéma permet de tricher en changeant facilement de lieu ou de contexte.

« Je pense que la plupart de nous qui travaillons dans le monde de la performance, on est très intéressés par l’immédiat, par le moment présent et par la présence du spectateur dans l’œuvre », ajoute notre interlocutrice.

L’environnement comme scène de spectacle

L'artiste voue un amour particulier à la chorégraphie en contexte urbain.

« Créer du mouvement, surtout dans un contexte urbain, et travailler avec des danseurs, travailler en mouvements et travailler de façon musicale, c’est un langage qui me plaît beaucoup », dit-elle.

Réputée pour ses créations in situ, Noémie Lafrance nous explique sa spécialité avec enthousiasme. « [La création] ne peut pas être construite ailleurs, elle ne peut pas être transportée, elle fait un ajout à ce qui existe déjà dans un certain espace », précise-t-elle en faisant référence à des prestations où les artistes utilisent l’environnement comme scène en tenant compte des éléments qui le composent.

De retour aux sources

Noémie Lafrance est de retour dans la ville de son enfance pour une première fois en carrière. Deux représentations de sa dernière cocréation, qui marie ses talents de chorégraphe à l’expertise théâtrale de son époux, Peter Jacobs, ont lieu les mercredis 16 et 23 août à La Fonderie, dans le secteur de Hull.

Le spectacle est présenté dans le cadre de l’exposition d’oeuvres gigantesques du projet À perte de vue, initié par Axenéo7.

Noémie Lafrance et son partenaire ont imaginé une prestation spécialement pour les installations de l’exposition dans un espace d’une superficie de près de 18 000 mètres carrés.

« C’est une exposition qui est très intéressante, qui rassemble des artistes canadiens, dont je suis fière de faire partie », affirme la chorégraphe gatinoise. « Je trouve que c’est bien aussi qu’ils amènent un côté performance, parce que l’art visuel et la performance se rencontrent beaucoup en ce moment. »

Les spectateurs pourront assister à une prestation mettant en scène plusieurs danseurs et acteurs locaux, dont Noémie Godin-Vigneault, une amie d’enfance de Noémie Lafrance. Le public sera aussi invité à se déplacer dans l’espace pour suivre la performance in situ.

« C’est comme si toutes les oeuvres étaient le décor du spectacle. Ça transforme complètement l’espace. Si vous avez vu l’exposition, vous allez la voir sous un autre œil complètement », conclut la chorégraphe.

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