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La Clinique des femmes de l'Outaouais salue la gratuité de la pilule abortive

La Clinique des femmes de l'Outaouais salue la décision du ministère québécois de la Santé et des Services sociaux d'offrir gratuitement la pilule abortive dès cet automne. Même si elle qualifie cette mesure « d'excellente nouvelle », la directrice générale de la clinique, Patricia Larue, affirme qu'il reste encore des incertitudes liées à cette annonce.

Jeudi, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a annoncé que les Québécoises désirant mettre fin à une grossesse de sept semaines ou moins pourront obtenir la pilule abortive sans frais. Le médicament sera remboursé par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).

Mme Larue a fait savoir que sa clinique participera au programme, mais que des détails restent à clarifier.

« Est-ce qu'on aura le droit de donner la pilule nous-même en clinique avant, après une session de counselling et une rencontre avec le médecin? Ou est-ce que le médecin va donner une prescription, ce qui fait que la femme devra se rendre en pharmacie? », s'est-elle interrogée à l'émission Sur le vif.

La Clinique des femmes de l'Outaouais espère que les patientes rencontreront le moins d'obstacles possible, afin de rendre la situation moins difficile pour elles.

Mme Larue souhaite ainsi que les femmes n'aient pas à expliquer la situation à divers intervenants.

« Pour nous qui offrons déjà des avortements, le plus simple est d'offrir la pilule directement à la clinique. On reconnaît que l'idéal, c'est que la femme ait le choix et puisse aussi se rendre à la pharmacie si elle le désire, surtout dans les régions plus rurales », a-t-elle dit. « Par contre, ce qu'on souhaiterait, c'est que le médecin puisse distribuer le médicament directement aux femmes pour leur sauver un obstacle. »

Patricia Larue note que l'avortement demeure tabou en 2017. Des pharmaciens ont déjà refusé de prescrire la pilule du lendemain à des patientes, après avoir passé un questionnaire, selon elle.

« Je suis très inquiète qu'un pharmacien refuse de donner l'avortement par médicament parce qu'une femme pleure, en lui disant que sa décision n'est pas assurée », a-t-elle mentionné.

Quoi qu'il en soit, Mme Larue reconnaît qu'il serait important que les personnes qui administrent le médicament aient reçu une formation. Celles-ci devraient aussi être capables d'offrir des conseils d'ordre psychologique « pour que ce soit un choix éclairé » et qu'il y ait un suivi effectué après la prise du médicament.

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