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La communauté franco-ontarienne rend un vibrant hommage à Mauril Bélanger

Que ce soit ses anciens compagnons d'armes, ses collègues ou les personnes qu'il a inspirées au cours de sa carrière, tous soulignent unanimement, mercredi, l'héritage que laissera Mauril Bélanger à la communauté franco-ontarienne.

L'ex-ministre déléguée aux Affaires francophones de l'Ontario, Madeleine Meilleur, confie avoir été bouleversée lorsqu'il lui a appris l'automne dernier qu'il souffrait de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Lou Gehrig.

Elle avoue qu'elle s'était doutée de quelque chose, quand, au soir de sa réélection en octobre 2015, Mauril Bélanger était monté sur l'estrade pour prononcer son discours de victoire.

« Mauril, [c'était] un grand orateur, il avait beaucoup de talent, il parlait très bien. Puis ce soir-là, il a eu de la difficulté à faire son discours. Il disait que c'est parce qu'il était fatigué, il avait trop parlé, la campagne était trop longue », se souvient-elle. « J'ai quand même une formation en santé, je suis infirmière. J'ai dit : "Mauril, va voir un médecin, promets-moi que tu vas voir un médecin." »

Quelques semaines plus tard, le député apprenait qu'il était atteint de cette maladie neurodégénérative incurable. Madeleine Meilleur reconnaît que cela a pesé dans sa décision de quitter ses fonctions politiques.

« C'est certain que l'état de santé de Mauril m'a beaucoup affectée. Ç'a fait partie de ma réflexion pour ma décision de quitter », dit-elle avec émotion. « C'est une tragédie humaine. »

Au service de la cause francophone

M. Bélanger, deuxième d'une famille de cinq enfants, est né à Mattawa, en Ontario, et sa mère était une militante pour les droits de la communauté francophone locale.

Adolescent, il devait parcourir 60 kilomètres en autobus pour se rendre à North Bay pour étudier dans une école secondaire francophone. Il a par la suite étudié la littérature anglaise à l'Université d'Ottawa, afin de parfaire sa langue seconde.

Tout au long de sa vie, Mauril Bélanger a milité pour les droits des minorités, en général, et des Franco-Ontariens, en particulier.

« Il aimait beaucoup la politique. Il a été un fier représentant d'Ottawa-Vanier, de la francophonie », rappelle Madeleine Meilleur.

La maladie n'a pas empêché M. Bélanger, quelques mois avant son décès, de réclamer que la Ville d'Ottawa devienne officiellement bilingue à temps pour les célébrations de 2017 marquant le 150e anniversaire de la Confédération canadienne.

En février 2016, il a aussi reçu le prix Bernard-Grandmaître, décerné par l'Association canadienne-française de l'Ontario (ACFO) à une personne qui a marqué Ottawa par son engagement dans la promotion et le développement de la communauté francophone.

L'Hôpital Monfort, son plus haut fait d'armes

En 2010, interviewé par le journal L'Express, Mauril Bélanger confiait que, de toutes ses luttes, c'est la bataille pour la survie de l'Hôpital Montfort qui a le plus compté pour lui.

Rappelons que le gouvernement conservateur ontarien de Mike Harris a voulu fermer le seul hôpital francophone de la province en 1997. Les Franco-Ontariens étaient alors montés aux barricades. Et avec eux, le député fédéral d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger.

Du conseiller municipal de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury à l'ancienne présidente de SOS Monfort Gisèle Lalonde, en passant par le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Denis Vaillancourt, c'est le même fait d'armes qui est cité le plus souvent.

« Mauril a toujours été mon député. Je me souviens de la course pour sauver Montfort », indique ainsi M. Fleury. « Mauril était un défenseur de la communauté. Ç'a été un plaisir de travailler avec lui. »

Mme Lalonde, qui dit être très remuée, ne cache pas son admiration pour l'homme. « Je l'ai connu, je l'ai aimé, je l'ai estimé. C'était un de nos grands », souligne-t-elle. « Il nous a démontré ce qu'était un vrai Franco-Ontarien. »

Si Denis Vaillancourt place Mauril Bélanger parmi « les piliers franco-ontariens », son amie de longue date Mona Fortier, qui a aussi collaboré avec lui pendant plus de 20 ans, voit en lui « un mentor » et un « bâtisseur communautaire ».

Avec des informations de Caroline Chrétien et de Patrick Pilon

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