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La Couronne demande 40 ans de détention ferme pour Shakti Ramsurrun

Au palais de justice de Gatineau, la Couronne a réclamé lundi que Shakti Ramsurrun passe 40 ans derrière les barreaux avant une possibilité de libération conditionnelle. Il s'agit d'une peine historique au Québec.

Originaire de l'île Maurice, Shakti Ramsurrun a été reconnu coupable, il y a deux semaines, des meurtres prémédités de ses deux beaux-parents, Claude Lévesque et Louise Leboeuf, et du meurtre non prémédité de son ancienne conjointe, Anne-Katherine Powers.

« Si le juge décide d'imposer une peine d'emprisonnement pour [le meurtre de] Mme Powers de 15 ans, que ce 15 ans s'additionne au 25 ans pour Louise et Claude Lévesque, cela ferait une peine globale de 40 ans », a précisé Sylvain Petitclerc, procureur en chef adjoint au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

La Défense contestera la constitutionnalité de l'article 745.51 du Code criminel, qui permet d'additionner les peines dans les cas de meurtres multiples.

« C'est la première fois que la constitutionnalité de cet article-là au Québec est contestée », a commenté Me Petitclerc.

En revanche, elle a été contestée une seule fois en Ontario.

Cette contestation se déroulera du 4 au 6 décembre.

Des conséquences sur les filles des victimes

Lundi, les filles des victimes ont témoigné de l'impact de ces meurtres sur leur vie, devant le coupable qui demeurait impassible. Parmi elles, Anne-Marie Lévesque, la fille de Claude Lévesque, a raconté comment elle a appris la mort brutale de son père, de Louise Leboeuf et d'Anne-Katherine Powers et comment se sont déroulés les mois qui ont suivi ce drame.

« Comment vous décrire la suite des choses? Cauchemars, insomnie, traumatisme, extrême sensibilité à la violence, peur d'être seule, peine profonde, incompréhension, culpabilité de n'avoir pu prévenir », a-t-elle raconté.

Elle a aussi commenté le comportement de Shakti Ramsurrun.

« Bien que j'apprécie les excuses de l'accusé, ce qu'il a fait ne se pardonne pas », a-t-elle poursuivi. « L'accusé qui regrette ne blâme pas ses victimes. L'accusé qui reconnaît l'ampleur de ses actes ne demande pas un arrêt de procédures. L'accusé qui regrette accepte la responsabilité de ses actes et en assume les conséquences. »

Pour Dominique Marleau, une des filles de Louise Leboeuf, il était très important de s'adresser au meurtrier de sa mère.

« Ça me soulage beaucoup et ça me donne un sentiment de reconnaissance de ce que j'ai pu vivre », a-t-elle exprimé après son témoignage.

Avec les informations de Pascale-Marie Dufour

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