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La Couronne soutient que Ian Bush, accusé de triple meurtre, en avait contre l'impôt

Ian Bush, dont le procès pour triple meurtre vient de s'ouvrir au palais de justice d'Ottawa, aurait agi par vengeance, selon la Couronne.

Dans la présentation de la cause, mercredi, la Couronne a expliqué sa thèse concernant le motif qui aurait mené à la mort de l'ex-juge Alban Garon, de sa femme Raymonde et d'une amie, Marie-Claire Beniskos. Selon elle, M. Bush est une personne réfractaire à l'idée de payer de l'impôt et est contre toute forme de taxation.

L'accusé aurait eu des démêlés avec les autorités à ce sujet à la fin des années 1990 et au début de 2000. Il n'aurait pas digéré un jugement rendu contre lui par la Cour canadienne de l'impôt, où travaillait le juge Garon.

Mercredi, la Couronne est revenue sur la soirée du meurtre, en juin 2007. Les trois victimes habitaient le même étage d'une tour de logements en copropriété dans le centre-ville d'Ottawa et se fréquentaient régulièrement.

Le soir du meurtre, des membres de la famille de l'ex-juge, inquiets de ne pouvoir le joindre, ont alerté les policiers. Les corps ont été retrouvés dans l'appartement en copropriété de M. Garon. Tous étaient ligotés, avec des sacs de plastique sur la tête.

Selon la Couronne, les deux femmes seraient mortes étouffées. Leurs corps présentaient des blessures : la femme du juge avait une épaule cassée et son amie avait des côtes fracturées. M. Garon avait, quant à lui, de graves blessures au crâne.

Témoignages

Gisèle Beauparlant, la soeur de Mme Beniskos, a témoigné mercredi.

Elle a décrit son dernier appel téléphonique avec sa soeur, qui a eu lieu à peine 20 minutes avant la mort de cette dernière. Leur conversation portait sur une sortie au cinéma pour aller voir La Vie en rose. Mme Beauparlant a été la dernière personne à parler à Mme Beniskos. Elle a appris sa mort le lendemain de son appel.

Un agent du Service de police d'Ottawa (SPO) a également été appelé à témoigner à la barre. Expert en téléphonie, David Lockhart a recueilli plusieurs dizaines d'appels téléphoniques de parents et amis du couple qui s'inquiétaient du silence du couple Garon les 29 et 30 juin 2007.

De l'ADN inconnu

Lors de l'enquête sur les trois meurtres en 2007, les policiers ont trouvé l'ADN du juge dans l'appartement, mais également l'ADN d'une personne inconnue, qu'ils n'ont jamais pu identifier.

Ce n'est qu'en 2015 que les policiers disent avoir attribué cet ADN inconnu à M. Bush, accusé à ce moment-là d'un autre crime, celui d'avoir séquestré, puis volé un ancien combattant, Ernest Côté.

Les policiers auraient également trouvé un cheveu dans la résidence de l'ex-juge, après le meurtre, qu'ils auraient aussi attribué à M. Bush.

Un meurtre prémédité, selon la Couronne

La Couronne a indiqué que Mme Garon avait dit à des proches, deux jours avant sa mort, qu'un livreur de colis avait téléphoné à l'appartement et demandé à voir à son mari.

Lorsqu'elle avait indiqué qu'il n'était pas là et qu'elle pouvait accepter le colis en son nom, le livreur aurait dit que c'était compliqué et qu'il reviendrait.

M. Bush a plaidé non coupable à toutes les accusations. Son procès, qui vient de s'ouvrir au palais de justice d'Ottawa, doit durer 12 semaines.

La Couronne compte déposer en preuve des éléments écrits, des déclarations de revenus et des journaux intimes découverts au domicile de l'accusé pour appuyer sa cause contre lui.

Avec les informations des journalistes Mireille Langlois et Michel-Denis Potvin

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