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La CSN craint la privatisation de quatre résidences à assistance continue

Le syndicat des travailleurs et travailleuses de la santé et des services sociaux de l'Outaouais, affilié à la CSN, dénonce ce qu'il considère être la privatisation de quatre résidences à assistance continue, qui accueillent des personnes ayant une déficience intellectuelle.

En décembre dernier, le Centre intégré de la santé et des services sociaux, le CISSS de l’Outaouais, a lancé une réorganisation des services en déficience intellectuelle. Les changements proposés font en sorte que quatre des neuf résidences de l’ancien Pavillon du Parc seront transformées en centres de transition et seront confiées à des ressources intermédiaires.

Selon la Régie de l’assurance maladie, les ressources intermédiaires ont été créées pour offrir un milieu de vie « s’approchant le plus possible d’un milieu de vie naturel tout en leur permettant de recevoir les services de soutien et d’assistance dont elles ont besoin ». L’intermédiaire est un lien entre un établissement public et les usagers.

Déjà opposé à ce qu’il considère être une fermeture des quatre maisons, le syndicat soutient que le CISSS va maintenant privatiser ces résidences.

« Nous assistons présentement à ce que nous craignions depuis l’imposition sous le bâillon de la loi 10, la privatisation petit à petit de notre réseau de la santé et de services sociaux », a affirmé, par voie de communiqué, Michel Quijada, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais.

La CSN dit avoir appris que des appels d’offres ont été lancés pour offrir les services dans ces centres de transition. La gestion des quatre résidences et l’embauche du personnel qui y travaillera seront confiées à la Fondation immobilière de l’Outaouais, propriétaire des maisons.

La réorganisation va entrainer l’abolition de 50 postes d’auxiliaires, ce qui, selon le syndicat, se traduira par une perte d’expertise. Il craint que les bénéficiaires qui souffrent d’une déficience intellectuelle ou de troubles envahissants ne subissent les conséquences de ces changements.

« Les acquis qui ont été faits en réadaptation se dégradent rapidement et le patient devient trop lourd ou agressif. On doit le renvoyer à nouveau en réadaptation et recommencer tout le processus. Donc, c’est beaucoup de chamboulement pour des usagers qui ne peuvent pas nécessairement se défendre eux-mêmes », a affirmé Jeremy Berthiaume, vice-président du syndicat.

Le CISSS de l'Outaouais se défend

Le CISSS de l'Outaouais nie catégoriquement qu’il s’agit d’une privatisation. Selon le responsable, Jean Dansereau, les appels d’offres lancés vont permettre d’ajouter des services.

« L’objectif qu’on visait, ce n’est pas la privatisation, mais de développer des services spécialisés de réadaptation, parce que ça manquait. Il y a plus de trois ans, on avait évalué l’ensemble des besoins de notre clientèle et on avait identifié qu’il y avait un manque au niveau des services de réadaptation spécialisée », a-t-il mentionné, en ajoutant que cela facilitera l’intégration des gens dans la communauté.

Même si la gestion des quatre maisons est transférée, il assure que chaque bénéficiaire qui y est hébergé fera l’objet de suivis. Des mesures de contrôle sont aussi prévues pour évaluer la qualité des soins qui seront prodigués par ces ressources intermédiaires.

Sur la question des abolitions de postes, M. Dansereau soutient qu’aucun employé ne perdra son emploi. Les syndiqués seront replacés ailleurs dans le réseau de la santé. Il affirme que le CISSS de l’Outaouais développe son offre de soins à domicile et qu’il aura besoin de préposés aux bénéficiaires.

Avec les informations de Nathalie Tremblay

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