Retour

La destruction des petits marais : un danger pour la santé des Grands Lacs

Une étude de l'Université de Waterloo conclut que les milieux humides de petite taille sont cruciaux pour éliminer les nutriments qui accélèrent la prolifération des algues nuisibles dans les lacs. Les chercheurs exhortent les décideurs à mieux protéger ces terrains afin d'éviter des crises de santé publique liées à la mauvaise qualité de l'eau et la mauvaise santé de l'écosystème des Grands Lacs.

Un texte de Fannie Bussières McNicoll

Les chercheurs ont étudié plus de 350 terres humides à travers le monde pour évaluer leur effet sur la capture des nutriments issus des engrais répandus sur les terres agricoles. Ils ont découvert que les terres humides de petite superficie étaient plus efficaces que les grandes pour jouer ce rôle de filtration.

Malheureusement, les plus petites terres humides disparaissent rapidement en raison de pressions du milieu agricole et du développement immobilier, selon Nandita Basu : « Notre étude suggère que nous devrions nous concentrer également sur les plus petites terres humides et développer de meilleures mesures pour les protéger. »

Les Grands Lacs menacés par la détérioration des milieux humides

L’écologiste aquatique Jérôme Marty explique que des efforts ont été faits dans la région des Grands Lacs dans les dernières années pour lutter contre la destruction des grandes terres humides. « On a amélioré la conservation des milieux humides afin que l’on s’assure de maintenir une zone tampon entre les eaux des Grands Lacs et le milieu terrestre », précise-t-il.

Un surplus de nutriments dans les étendues d’eau douce, comme le phosphore et l’azote, accélère la multiplication des algues dans les lacs, dont certaines espèces sont très nocives pour la santé. La présence d’algues bleu-vert dans les Grands Lacs est un enjeu particulièrement préoccupant pour les écologistes depuis quelques années.

Le lac Érié est particulièrement vulnérable parce qu’il est peu profond, se réchauffe plus rapidement, ce qui est propice au développement des algues. La situation dans ce lac est préoccupante cette année, à cause des conditions météorologiques.

Financement rétabli pour la préservation des milieux humides

En dévoilant son budget pour 2018, le président des États-Unis Donald Trump, avait indiqué qu’il entendait éliminer le financement fédéral de l’Initiative de restauration des Grands Lacs (IRGL). Les environnementalistes ont pu pousser un soupir de soulagement il y a une dizaine de jours lorsqu’un comité de la Chambre des représentants américaine a refusé cette proposition afin de protéger le financement destiné à ce programme.

Cette décision a été très bien accueillie par le milieu environnemental au Canada, selon Jérôme Marty. « C’est une bonne nouvelle pour la communauté des Grands Lacs aux États-Unis et au Canada. Tout ce qui est gestion de la qualité d’eau, on doit le faire ensemble, il s’agit de problèmes partagés », dit-il.

L'IRGL a reçu, de façon générale, environ 300 millions de dollars américains annuellement depuis sa création. L'an dernier, le Congrès avait voté pour la reconduction du programme pour cinq autres années.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine