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La fermeture de l'ancien centre Mélaric pourrait avoir des répercussions en Outaouais

Le centre de désintoxication Robert Piché-Elphège Roussel, anciennement connu sous le nom de centre Mélaric, fermera ses portes pour une deuxième fois en deux ans en raison du faible taux d'occupation. Cette nouvelle aura un impact en Outaouais, tandis que l'offre de proximité sera réduite.

Le centre est situé à Saint-André-d’Argenteuil, dans les Laurentides, mais il s'agissait du centre de désintoxication de longue durée à but non lucratif le plus près de Gatineau.

« En Outaouais, nous n’avons aucun centre de thérapie privé ou sans but lucratif. On a seulement le centre de réadaptation en dépendance de l’Outaouais, un centre public. Les gens pouvaient choisir d’aller là-bas sans trop s’éloigner. Ce que je comprends avec cette fermeture-là, (c'est que) les gens vont devoir aller ailleurs », a déploré Yves Séguin, directeur général du Centre d’intervention et de prévention de la toxicomanie en Outaouais (CIPTO).

Selon M. Ségin, pour retrouver une offre de service équivalente, les gens devront se rendre aussi loin qu'à Trois-Rivières ou ailleurs en province.

Ce dernier trouve malheureux de penser qu’avec une population totale de près de 400 000 habitants, l’Outaouais ne dispose pas d’une telle ressource.

« On a besoin d’une meilleure diversité d’offres. C’est très mince, le continuum de services au niveau de la dépendance en Outaouais. Il faudrait absolument un centre de ce style-là, principalement un centre sans but lucratif ou communautaire où tout le monde peut y avoir accès, parce que les centres privés coûtent tellement chers que les gens qui ont peu de moyens ne peuvent y accéder », a noté M. Séguin.

Il s’inquiète du fait que les gens qui ont besoin d’aide pour lutter contre leur dépendance n’aient pas cherché l’aide par manque de ressources.

Le centre Mélaric avait failli fermer en janvier 2016, mais a été sauvé par le commandant Robert Piché, qui a lui-même souffert de toxicomanie.

Cette fois, le centre ferme parce que seulement 38 des 110 lits étaient occupés, ce qui a un impact sur le financement du centre. En effet, le financement gouvernemental est proportionnel au nombre d’usagers. Le centre offrait des thérapies de quatre à six mois et accueillait principalement une clientèle judiciarisée.

Selon l’ancienne présidente du conseil d’administration du centre Mélaric, Lise Bourgault, et directrice générale de l’organisme, si le centre avait pu attirer plus de gens de l’Outaouais, ils auraient obtenu un meilleur taux d’occupation qui aurait pu assurer leur survie.

Robert Piché, qui est président du conseil d'administration du Centre Robert Piché-Elphège Roussel, explique qu'il était difficile de recruter les gens de l'Outaouais compte tenu de leur manque de ressources financières.

« On a essayé de faire des liens, mais comment voulez-vous développer une nouvelle ressource quand tu n'as pas les moyens financiers pour engager les personnes qui sont compétentes pour justement développer ce côté-là », a-t-il déclaré.

Le Bureau des poursuites criminelles et pénales a déclaré que les procureurs de la Couronne en Outaouais ne souhaitaient pas commenter ce dossier.

Avec les informations d'Alexandra Angers

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