Le « Vendredi fou », qui marque officieusement le début de la saison des achats de la période des Fêtes, bat son plein aujourd'hui partout au Canada et la région de la capitale n'échappe pas au phénomène.

Très tôt ce matin, ils étaient des dizaines à prendre d’assaut les commerces d’Ottawa et de Gatineau. Les magasins d’électronique étaient particulièrement populaires. Au magasin Best Buy de Gatineau, plusieurs tentaient de mettre la main sur un téléviseur, un téléphone cellulaire ou un ordinateur.

Un homme qui venait de mettre la main sur un téléviseur disait avoir été avisé par courriel des aubaines en magasin, qui lui auraient fait épargner environ 300 $.

Une autre cliente cherchait de son côté à mettre la main sur un téléphone cellulaire pour sa mère. Elle disait s’être levée à 3 h 30 afin d’amorcer son magasinage en ligne.

« Ça vaut la peine! », disait-elle, confiante de pouvoir se procurer un téléphone de modèle IPhone 6 annoncé à 0$ et qui comprend une carte cadeau de 200 $.

À l’opposé, des consommateurs qui venaient d’acheter une paire d’écouteurs ne se disait pas impressionnés par les rabais propos.

C’est vendredi fou, mais c’est pas si fou que ça. Sauf peut-être pour les employés.

Un homme peu impressionné par les rabais proposés

Popularité en hausse au Canada, en baisse aux États-Unis

D’abord popularisé aux États-Unis, le Vendredi fou, qui coïncide avec la fin de semaine de l’Action de grâces américaine, gagne en popularité au Canada depuis quelques années. Une enquête menée l’an dernier par la firme IPG Mediabrands révélait que l’événement attirait maintenant 7,6 millions de consommateurs au pays.

Les habitudes de consommation des Canadiens auraient même été modifiées. Selon Statistique Canada, les achats durant le mois de novembre représentent maintenant 8,5 % des achats faits durant l’année, en hausse de 0,1 % par rapport à 2006. Cependant, les ventes au détail ont chuté en décembre, passant de 9,9 % à 9,3 %.

Paradoxalement, l’engouement serait en baisse aux États-Unis. Selon la Fédération nationale des détaillants américains, 147 millions de consommateurs ont fait des achats lors du vendredi fou en 2012, comparativement à 102 millions l’an dernier, entraînant une baisse de 6 % des ventes au détail.

Un seul but : faire consommer

Vendredi fou, Cyberlundi, Soldes de l'Après-Noël, etc. Ces journées de super ventes pullulent en fin d'année et n'ont qu'un seul but, stimuler les ventes.

« Du mois d'octobre jusqu'après les Fêtes, ce ne sont que des soldes! Vous n'avez que ça! », indique Benoit Duguay, professeur titulaire à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

Cette période est très importante pour les commerçants parce que c'est à ce moment-là qu'ils engrangent tous les profits. Si elle est mauvaise, ils vont avoir une mauvaise année.

Benoit Duguay, professeur titulaire à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal

  Les commerçants savent que le consommateur a un budget. Le truc, c'est de l'attirer dans leurs magasins pour qu'il dépense son budget chez eux et, tant pis, s'il n'a plus de budget parce qu'eux auront fait leurs ventes! Voilà la logique de ces fameux soldes », soutient M. Duguay.

C'est du marketing. Ce n'est rien d'autre que ça.

Benoit Duguay, professeur titulaire à l'École des sciences de la gestion de l'Université du Québec à Montréal

Quant aux journées de consommation responsable mises de l'avant pour contrer ces journées de surconsommation, M. Duguay prétend qu'elles sont plus symboliques que d'autres choses.

« Ce n'est pas très significatif », dit-il. « La consommation responsable ça devrait être toute l'année. »

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