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La francophonie de l'Est ontarien célébrée, des défis toujours présents

Près de 300 personnes se sont rassemblées samedi soir à Embrun pour le 20e Banquet de la francophonie de Prescott et Russell pour récompenser le travail des personnes qui font rayonner la langue française. Une occasion de célébrer, mais aussi de réfléchir aux défis des francophones de l'Ontario.

La coprésidente élue du Regroupement étudiant franco-ontarien, Marie-Pierre Héroux, originaire d’Embrun, a reçu le prix jeunesse Thomas-Godefroy récompensant un jeune leader qui se distingue au sein de la communauté franco-ontarienne. Mme Héroux milite pour la cause de l’éducation donnée en français en Ontario.

L’étudiante en histoire à l’Université Laurentienne estime qu’il reste beaucoup à faire sur le plan de l’éducation postsecondaire en français.

« Il y a un manque au niveau universitaire, je l’ai moi-même vécu. Je pense que d’avoir plus de cours, de programmes en français est définitivement un gros enjeu. Je pense que la survie du peuple passe par le savoir-faire et la recherche. C’est vraiment ça qui représente le besoin d’avoir une université de langue française », a-t-elle dit.

En novembre dernier, le gouvernement de Kathleen Wynne a déposé un projet loi pour la création d’une université de langue française en Ontario. Celle-ci s’installerait dans le Grand Toronto et s’appellerait « l’Université de l’Ontario français ». Or, les francophones pourraient devoir attendre après 2020 avant de pouvoir commencer à étudier dans cet établissement.

Mme Héroux souhaiterait également une refonte de la Loi sur les services en français et un statut officiel de province bilingue pour l'Ontario.

Plus d'immigrants francophones et politiques régionalisées

Plusieurs personnes ont souligné, lors du Banquet, qu’elles désiraient voir des enjeux comme l’université franco-ontarienne ou l’immigration francophone être abordés durant la campagne électorale à venir.

« On veut attirer beaucoup plus d’immigrants [dans la région]. Au lieu qu’ils passent par-dessus Prescott-Russell pour aller à Ottawa, on aimerait qu’ils arrêtent pour s’installer dans notre région. La survie de la prochaine francophonie va venir de l’immigration », a souligné le président de l’ACFO Prescott-Russell, Jacques Héroux, qui ne voulait toutefois pas politiser cette soirée.

Selon le fondateur du Banquet, Jean Poirier, il faudrait que les politiciens changement leur manière de traiter des enjeux franco-ontariens.

« Les gouvernements, peu importe lequel, fonctionnent à coup de projets tels que déterminés par des fonctionnaires ou des politiciens quelque part sans égards aux besoins d’un coin à l’autre. Par exemple, dans Prescott et Russell, c’est normal qu’ils ne soient pas les mêmes qu’à Ottawa, à Kingston, à Toronto et à Sudbury », a-t-il dit.

La ministre des Affaires francophones et député d’Ottawa-Orléans, Marie-France Lalonde, a aussi pris la parole, sans toutefois faire d’annonce. Rappelons que le gouvernement provincial doit présenter un budget mercredi prochain.

Avec les informations de Dominique Degré

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