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La grogne monte contre le centre de prévention de surdoses non autorisé d’Ottawa

Près de 442 visites ont été enregistrées au centre de prévention des surdoses non autorisé d'Ottawa, situé dans le parc Raphael-Brunet, durant les 14 premières journées d'opération. Mais la colère de plusieurs résidents monte en même temps que l'achalandage du centre.

Le centre est de plus en plus populaire auprès des usagers de drogues. La soirée la plus achalandée a été samedi, puisque 44 visiteurs y ont été reçus.

Mais cette situation ne plaît pas à tout le monde. Marilou Gagnon, cofondatrice de l’organisme Prévention Surdose Ottawa, se dit intimidée. Elle raconte que son équipe a même reçu des menaces de mort.

« Je pense que ce qui se passe le plus en ce moment, c’est à quel point il y a des préjugés à l’égard de ceux qui utilisent de la drogue. Nous, on s’est fait crier après pendant deux heures, mercredi, à tue-tête par un homme sur son balcon », a-t-elle raconté.

Des résidents du quartier sont opposés à la présence du centre, qui opère de 18 h à 21 h, chaque jour. Des tentes sont érigées là où des infirmières bénévoles supervisent des injections de drogues dures.

Le Comité pour le parc Raphael-Brunet a été formé de citoyens qui ont l'impression de se faire voler leur parc. « Après 10 ou 15 jours d’activités, nous avons décidé qu’il fallait être agressif et que nous voulions de nouveau notre parc », a indiqué Pamela Simper, porte-parole du groupe.

Mme Simper dit ne pas pouvoir y circuler, depuis deux semaines, en raison des tentes qui occupent presque tout l’endroit et du site qui ne cesse de s’agrandir.

Sans nier qu’une tente plus grande est maintenant utilisée pour accueillir cinq personnes à la fois, Mme Gagnon réfute ces informations.

« On s’est juste mieux organisé. La première journée, on n’avait pas vraiment de choses à notre disposition [...] On a juste amélioré notre service, je ne dirais pas qu’on a pris de l’expansion en termes de l’espace qu’on occupe », a-t-elle expliqué.

Parmi les inquiétudes de groupe de citoyen, on critique l’aspect illégal du site.

« Je suis fâché. Ça ne tient pas la route. Nous devons tous obéir aux lois et ces gens enfreignent les règles, c’est évident. Ça me frustre », a exprimé Mme Simper.

Elle craint aussi que les utilisateurs de drogue et les vendeurs de drogues reprennent possession du parc. Elle fait savoir que leur présence avait été contrôlée il y a plusieurs années grâce à l’intervention soutenue de l’ancien chef de police d’Ottawa Vern White.

Mme Simper déplore que les policiers refusent d’intervenir, puisque le politique n’a pas pris position.

Les élus interpellés

Les voisins n’en démordent pas. Selon eux, les autorités doivent intervenir. Ils profiteront sans doute d’une réunion prévue lundi pour exprimer leur colère. Le conseiller municipal Mathieu Fleury, silencieux jusqu’à présent, devrait y participer.

Mme Gagnon, quant à elle, n’a pas l’intention de participer à la réunion. Elle invite les autorités à venir visiter le site.

« À Toronto, le maire a visité les sites. Il a dit que sa visite a été un eye opening. Ça a ouvert ses yeux et il a compris la réalité sur le terrain. Ce que je dis aux élus, c’est tant que vous ne venez pas nous voir, vous ne comprenez pas la réalité », a-t-elle conclu.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

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