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La hausse du salaire minimum en Ontario fait réagir des commerçants de la région

Le salaire minimum en Ontario est passé à 11,60 $, dimanche. En janvier, le salaire minimum bondira à 14 $, une hausse beaucoup plus importante suscite des réactions parmi les gens d'affaires des deux côtés de la rive de la rivière des Outaouais.

Le salaire a augmenté de 0,20 $ le 1er octobre, mais le sera de 2,40 $ en janvier.

Patrick Morin, copropriétaire du restaurant The Great Canadian Poutinerie, dans le quartier Vanier, se dit préoccupé par la hausse salariale.

Il croit que la promesse du gouvernement libéral de Kathleen Wynne d'augmenter le salaire minimum à 15$ de l'heure d'ici 2019 aura un effet boule de neige dans la gestion de son commerce et sur les autres salaires versés.

« Tu augmentes le salaire minimum, ça change tout. Le coût [des aliments] monte. Le gars qui chauffe le camion, qui fait déjà 15 $, va vouloir 17 $ ou 18 $. Ça va monter le prix du gaz [etc.] », a expliqué M. Morin. « Je vais augmenter mes prix de 15 % à 20 % et c'est moi le bad guy, qui va [monter] les prix pour rien. »

Selon lui, l'augmentation salariale n'est qu'illusoire, puisque ceux qui se retrouvent avec des revenus limités n'auront pas plus de pouvoir d'achat.

« Si tu as un problème économique dans ta société, élever le [salaire minimum] n'est pas [la solution]. Baisse les taxes [...] là tu vas mettre de l'argent dans les poches du monde. Tu ne lèves [pas les prix] et tout reste stable », a-t-il analysé.

Les augmentations prévues du salaire minimum en Ontario auront un impact significatif sur l'économie de la province. En effet, 30 % des 6,6 millions de travailleurs touchent moins que 15 $ de l'heure.

La situation au Québec

Sur la rive québécoise, où le salaire minimum est de 11,25 $, les effets de la hausse ontarienne pourraient se faire sentir.

Nicolas Cazelais, président de la microbrasserie Gainsbourg, ne craint pas que les plus faibles salariés soient tentés de se rendre en Ontario pour travailler.

« Je ne pense pas qu'un travailleur qui gagne près du salaire minimum va, pour un dollar ou 1,50 $ de plus, traverser la rivière et se donner le trouble de faire ce voyagement-là et en plus de travailler dans un milieu où il connaîtra moins les gens », a-t-il déclaré.

Il pense que certaines entreprises devront tout de même s'ajuster aux hausses de salaire provoquées par l'augmentation du salaire minimum, car certains employés mieux rémunérés pourraient être tentés de traverser dans la province voisine.

Le gouvernement devrait légiférer pour contrer cet effet, croit l'homme d'affaires, notamment en matière de redistribution des pourboires dans le domaine de la restauration.

M. Cazelais est d'avis qu'une augmentation plus importante du salaire minimum, comme souhaitée par Québec, est inévitable pour que les entreprises demeurent compétitives avec leurs voisins ontariens.

Avec les informations de Dominique Degré

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