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La Journée mondiale de l’abeille célébrée à Gatineau

La première Journée mondiale des abeilles était célébrée dimanche à l'initiative de l'ONU. Plus de 200 personnes ont pris part aux célébrations à la Ferme Moore de Gatineau en participant aux différentes activités liées à l'apiculture.

Une journée pour lancer un signal d'alarme relativement au fait que les pollinisateurs, surtout les abeilles, sont indispensables pour assurer la sécurité alimentaire de la planète. La journée visait aussi à sensibiliser le grand public à la cause des abeilles, menacées par les pesticides et par un taux inquiétant de mortalité.

« Le but de cette journée est de célébrer ce que l’on doit aux abeilles. Près de 70 % de la nourriture que l’on mange provient des pollinisateurs, mais c’est aussi une occasion pour réfléchir à ce qui arrive aux abeilles, quel rôle nous on joue là-dedans et comment nous pouvons les aider », a expliqué Pablo Berlanga, président du Collectif Apicentris, qui a organisé l’événement dans la région.

Un tiers de la production mondiale de nourriture est directement lié à leur activité pollinisatrice. Sans les abeilles, il n'y aurait pas autant de variétés différentes de fruits, de légumes et de fleurs ajoute le président d'Apicentris.

Origine de la Journée mondiale de l’abeille

La Slovénie a proposé aux Nations unies de déclarer le 20 mai Journée mondiale des abeilles. Après trois années de promotion sur la scène internationale, le 20 décembre 2017, les États membres de l’ONU ont approuvé à l’unanimité l'initiative.

L’Ambassadeur de la Slovénie au Canada, Marjan Cencen, a pris la parole dimanche à Gatineau pour parler du rôle essentiel que jouent les abeilles dans l'environnement.

« En Slovénie, il y a cinq éleveurs d’abeilles pour 1000 habitants, ce qui place notre pays en haut de l’échelle mondiale », a déclaré M. Cencen. « L’apiculture est une branche de l’agriculture importante connaissant une longue tradition dans notre pays. »

La Slovénie est le seul État dans l’Union européenne à avoir protégé l’abeille mellifère par la loi.

Cinquante Gatinois ont leurs ruches

Il est bien connu que les abeilles sont menacées par l’utilisation des pesticides. Les villes, où le recours à ces produits est souvent limité, sont donc considérées comme un refuge pour elles. Gatineau constitue une destination de choix, puisqu’elles y trouvent une flore variée.

Le Collectif apicole Apicentris est parvenu à faire modifier en février 2017 une réglementation municipale datant de 1947 qui interdisait aux citoyens de posséder des ruches sur leur terrain. Lors du projet pilote en 2017, une quinzaine d’individus et d’organismes gatinois ont reçu une licence. En 2018, une cinquantaine de citoyens ont eu l’autorisation de la Ville de posséder une ruche en milieu urbain.

« Cette année nous avons eu plus de 65 demandes, nous avions seulement 50 licences que nous pouvions octroyer. Vomme tout se passe bien, l’année prochaine, nous allons pouvoir augmenter le nombre ou même faire en sorte qu’il n’y ait pas de plafond », a mentionné Pablo Berlanga.

Plus de 150 apiculteurs ont été formés par le Collectif Apicentris au cours des dernières années.

M. Berlanga ne craint pas pour l’instant à une surpopulation d’abeilles dans la ville de Gatineau.

« Apicentris a pris l’initiative de travailler avec la Ville pour gérer l’apiculture pour éviter le genre de défi que nous pouvons retrouver dans d’autres villes. À Montréal, il y a plus de 700 ruches et, dans certains endroits, il y a une concentration de ruches trop élevée, ce qui peut causer des problèmes », a expliqué M. Berlanga.

Selon M. Berlanga, si un apiculteur souhaite acheter une ruche et s’équiper d’un équipement de base, il faut investir plus de 1000 $.

Les abeilles meurent

Le déclin de la population d’abeilles se fait sentir partout au Canada. Les apiculteurs ontariens perdent en moyenne 70 % de leurs abeilles. Le Québec est la province qui a été la plus touchée lors de la dernière saison hivernale, avec des pertes s’élevant à 80 %, selon le Collectif Apicentris.

Des chercheurs accusent depuis quelques années le Varroa, un acarien parasite qui se nourrit du sang des abeilles, pour expliquer leur déclin.

Des scientifiques croient avoir trouvé d'autres coupables. Le virus IIV et le champignon microscopique Nosema Ceranae s’attaquent à l’intestin des abeilles. Lorsqu’ils agissent ensemble, ils peuvent provoquer leur mort.

Le déclin de l'abeille continue à préoccuper les apiculteurs alors que d'importantes pertes sont recensées en Amérique du Nord. Nos pratiques agricoles pourraient expliquer cette disparition. L’usage de pesticides, tels que les néonicotinoïdes, et la monoculture sont pointés du doigt.

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