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La mobilisation se poursuit à Ottawa contre les violences au Myanmar

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées dimanche après-midi sur la colline du Parlement à Ottawa. Elles ont demandé des actions concrètes du gouvernement canadien pour faire cesser ce que la ministre des Affaires étrangères a qualifié la veille de possible « nettoyage ethnique » envers la minorité rohingya au Myanmar.

Un texte de Roxane Léouzon

Plusieurs personnes ont pris la parole pour remercier la ministre Chrystia Freeland pour cette reconnaissance, effectuée dans la foulée d'une manifestation en solidarité avec les Rohingyas à Toronto. La ministre a aussi signifié qu'elle prendrait prochainement leur défense devant l'Organisation pour les Nations Unies.

« On veut maintenant que ce soit reconnu comme un génocide. Ce n'est pas juste un nettoyage ethnique, c'est bien pire », a déclaré Fareed Khan, l'un des organisateurs du rassemblement.

Une manifestation semblable avait eu lieu le week-end précédent sur la colline du Parlement. Mais la situation est loin de s'être calmée au Myanmar, où plus de 400 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh pour éviter les persécutions qui seraient perpétrées par l'armée birmane.

Les manifestants ont également revendiqué qu'on retire à la chef du gouvernement du Myanmar, Aung San Suu Kyi, la citoyenneté canadienne honorifique qui lui a été accordée en 2007. Ils estiment que la dirigeante est complice des meurtres perpétrés envers cette minorité musulmane. Une pétition à cet effet, initiée par M. Khan, a recueilli jusqu'à présent plus de 23 000 signatures.

D'autres demandes ont été formulées, notamment que le gouvernement canadien travaille avec plusieurs organismes internationaux afin de protéger les Rohingyas.

« On doit considérer l'option d'action militaire comme l'opération de l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) qui a mis fin aux hostilités au Kosovo en 1999 », a réclamé Raees Ahmed, un Canadien d'origine rohingya dont une partie de la famille est toujours au Myanmar.

« [Il faut] demander que le Myanmar permette l'accès humanitaire complet à tous les endroits touchés par les violences, un accès complet aux médias nationaux et internationaux et une zone de sécurité pour ceux qui sont persécutés », a ajouté M. Ahmed.

Le secrétaire général Amnistie International Canada, Alex Neve, a quant à lui réclamé que le Canada mène les efforts internationaux pour aider les Rohingyas.

Des histoires d'horreur

Lors des discours, plusieurs personnes ont aussi raconté des histoires terrifiantes de destruction de villages entiers, telles que rapportées par des survivants dans les médias.

M. Ahmed a parlé de Noor Kajol, 10 ans, qui a dû fuir son village après que son père eut été tué par des militaires, selon un article d'Al Jazeera.

« Quand je regarde des images de jeunes, d'hommes qui s'enfuient, victimes de trafic humain, je me dis que j'aurais pu être comme eux si mon père n'avait jamais traversé la rivière, si on n'avait pas eu la chance d'immigrer dans le plus beau pays du monde. J'aurais pu être dans ces images », a remarqué M. Ahmed.

Selon le militant, les Canadiens doivent poursuivre la mobilisation, puisque la pression populaire aurait poussé le gouvernement Trudeau à entreprendre des premières actions.

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