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La nouvelle loterie de l'immigration fait des mécontents

Le recours au tirage au sort pour réunifier les familles immigrantes, une mesure annoncée en décembre par le gouvernement fédéral, déçoit énormément Olena Stetskevych.

La femme d'Ottawa, qui tente de faire venir d'Ukraine ses parents, prévoyait soumettre sa demande de parrainage cette année. Elle, et tous ceux qui soumettent leur dossier, doivent maintenant se croiser les doigts avec l'arrivée du nouveau système de loterie.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada estime que le nouveau système est plus juste, alors que celui-ci choisira au hasard 10 000 parrains qui seront ensuite invités à compléter le dossier de leur famille à l'étranger.

« Une loterie ne peut jamais être plus juste. C'est un jeu, c'est une question de chance (trad. libre) », déplore Mme Stetskevych.

Arrivée au Canada en 2010 avec son mari, l'enfant unique dit vouloir faire venir ses parents au pays le plus rapidement possible. Mais le changement de règle depuis son arrivée lui laisse un goût amer en bouche et change la perception qu'avait Olena Stetskevych du Canada. Aujourd'hui, elle a l'impression d'abandonner ses parents.

Si j'avais su que les règles de parrainage allaient changer comme ça, que je ne peux plus garantir de pouvoir faire immigrer mes parents, je ne serais pas venu au Canada (trad. libre).

Olena Stetskevych

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Plusieurs autres nouveaux arrivants partagent la frustration d'Olena Stetskevych selon l'avocate spécialisée en immigration Tamara Mosher-Kuczer, du cabinet Capelle Kane d'Ottawa.

« Tous ceux qui planifiaient de parrainer des proches sont dans cette situation. Plutôt que de soumettre une demande en début d'année, ils sont plutôt redirigés vers une loterie dans l'espoir de pouvoir le faire », indique l'avocate.

Me Mosher-Kuczer ajoute que le nouveau formulaire simplifié en ligne pour participer à la loterie pourrait faire en sorte que des gens qui ne sont éligibles au parrainage pourraient tout de même être pigés pour soumettre une demande formelle.

« Il y a toujours des gens qui appliquaient sans être éligibles, mais vous avez moins tendance de le faire si vous ne vous êtes pas préparé longtemps à l'avance », souligne-t-elle.

Les demandes de parrainage prennent des mois à remplir dit l'avocate qui sympathise avec les futurs parrains.

Me Mosher-Kuczer estime toutefois que la limite de 10 000 demandes par année est une bonne idée, puisque les retards accumulés dans le traitement de celles-ci sont devenus « hors de contôle » selon elle.

« Certains attendaient, sept, huit ou neuf ans pour faire traiter les demandes de leur parents ou grands-parents. Ce qui arrive souvent avec eux c'est qu'ils sont plus vieux et malheureusement certains décédaient avant de voir leur dossier être complété », raconte-t-elle.

Le gouvernement fédéral soutient qu'il réduira de moitié le temps de traitement des demandes de réunification des couples, le faisant passer en moyenne de deux ans à un.

Ceux et celles qui n'auront pas été choisis par la loterie cette année pourront tenter de nouveau leur chance en 2018.

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