Le déménagement de l'Armée du Salut au 333, chemin Montréal soulève les passions des élus, des citoyens et des commerçants, en plus de braquer les projecteurs sur cette route qui existe depuis le 18e siècle. Portrait de l'artère commerciale au cœur de l'histoire du quartier Vanier.

Un texte de Dominique Degré

Le chemin Montréal devient une voie d’importance dès l’installation des premiers colons sur le territoire. À la fin des années 1700, des commerçants décident de s’établir le long du chemin Montréal, même si ce dernier n’est alors qu’une route de terre battue où les chariots peinent à circuler.

Il faudra attendre 1869 pour que la route soit partiellement pavée par la Ottawa, Montreal and Russell Consolidated Road Company. Seul un tronçon de huit kilomètres en direction est partant de la rivière Rideau aura un revêtement à l’issue de ces travaux.

« Au grand dam des habitants de la région, il s’agissait d’une route payante avec postes de péage à chaque extrémité », relate Yanick Labossière, gestionnaire de la recherche, de la collection et des expositions au Muséoparc Vanier.

Le chemin Montréal continue de se moderniser au tournant du 20e siècle. En plus du remplacement des trottoirs de bois par des trottoirs de béton en 1919, la Ville y impose une première limite de vitesse en 1913, une restriction qui ne s’applique toutefois pas aux automobiles, mais bien aux chevaux.

Avec l’apparition des voitures viennent les problèmes de stationnement et de trafic. Le gouvernement municipal procède dans un premier temps à l’installation de parcomètres en 1951 avant d’élargir les voies de circulation dans les années 1970 pour améliorer la fluidité du trafic sur le long du chemin.

Le statut d’artère commerciale d’importance du chemin Montréal s’est aussi consolidé dans les années 1970 alors qu’on pouvait y retrouver des établissements de renom à l’époque, dont l’hôtel Eastview et le restaurant français le Châteaubriand, avance Yanick Labossière.

C’est d’ailleurs dans les anciens locaux de ce restaurant que l’Armée du Salut voudrait déménager ses installations, renchérit le gestionnaire des expositions au Muséoparc Vanier.

Ce n’est que vers la fin des années 1980 que la réputation du chemin s’est détériorée.

Des initiatives ont depuis été mises sur pied pour revitaliser Vanier et le chemin Montréal, comme des corvées de nettoyage, l’implantation d’un service de patrouilleurs et des programmes pour favoriser la protection d’espaces verts.

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