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La police d'Ottawa critiquée sur sa stratégie contre les gangs et les armes à feu

Le Service de police d'Ottawa (SPO) fait l'objet de critiques à la suite de sa décision de retirer les agents de son Équipe d'intervention directe (EID) des rues de la capitale nationale, afin de les réassigner aux enquêtes sur les nombreuses fusillades survenues dans les derniers mois.

Habituellement, les six agents de l'EID surveillent les activités des membres de gangs de rue. Ils font notamment des visites surprises dans les résidences de trafiquants de drogue et de membres de bandes connus pour s'assurer du respect de leurs conditions de remise en liberté. Ils procèdent aussi à des arrestations en cas de non-respect de ces conditions.

Toutefois, depuis le 1er décembre dernier, dans le cadre d'une stratégie pour augmenter les arrestations, le personnel de cette unité a quitté le terrain pour enquêter sur les incidents impliquant des armes à feu.

Selon certains, ces changements ont relâché la pression sur les gangs de rue.

« Les gens impliqués dans les activités criminelles savent bien que l'unité n'est plus sur le terrain », déplore le président de l'Association des policiers d'Ottawa, Matt Skof. Il ajoute que ces individus ont l'impression de ne plus être aussi surveillés.

Depuis que les membres de l'unité ont été réaffectés aux enquêtes, il y a eu 23 fusillades dans la capitale nationale et cinq jeunes ont été tués par balle. Christina Voelzing, une étudiante de 24 ans, est la plus récente de ces victimes.

Un redéploiement nécessaire

L'inspecteur Chris Renwick, responsable du recrutement du personnel pour l'Unité des bandes et des armes à feu à la police d'Ottawa, reconnaît que les fusillades sont nombreuses dans la capitale.

Toutefois, le redéploiement des effectifs était nécessaire, selon lui, étant donné l'ampleur de la tâche du côté des enquêtes non résolues sur les fusillades.

Il ajoute que les membres de l'EID étaient tout désignés pour ces fonctions, étant donné leur expertise dans le domaine. Il souligne que cette mesure est temporaire.

Avec le transfert momentané d'agents provenant d'autres unités, les effectifs assignés à l'enquête sur les fusillades a récemment doublé.

Selon l'inspecteur Renwick, les arrestations sont des moyens aussi dissuasifs que des stratégies plus proactives, comme celles de l'EID. Il ignore à quel moment les membres de cette équipe reprendront leurs fonctions.

La question des coûts

Le professeur de criminologie à l'Université d'Ottawa, Michael Kempa, n'est pas de cet avis. Il souligne que le taux d'arrestations pour les crimes déjà commis est très bas parmi toutes les forces policières.

Selon lui, les méthodes proactives de prévention du crime sont aussi moins coûteuses que la tenue d'enquêtes, ce qui devrait être un élément à considérer dans un contexte de compressions budgétaires.

L'inspecteur Chris Renwick réplique que le travail proactif de surveillance des membres de gang de rue se poursuit avec les patrouilleurs de quartier.

De son côté, le président de l'Association des policiers d'Ottawa accuse les gestionnaires de gonfler l'Unité des bandes et des armes à feu aux dépens des autres unités.

Matt Skof croit que cette situation ne s'améliorera pas avant l'an prochain. Le Service de police d'Ottawa doit embaucher 25 nouvelles recrues en 2016, mais celles-ci doivent d'abord recevoir de la formation avant d'atteindre leur plein potentiel.

D'après CBC

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