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La popularité des lignes terrestres dégringole, les dépenses en communication explosent

La prévalence des lignes téléphoniques terrestres est en chute libre au Canada. Mais alors que les cellulaires se répandent à la vitesse grand V, les dépenses des Canadiens pour leurs services de communication augmentent aussi en flèche.

En 2010, 89,3 % des ménages canadiens avaient une ligne téléphonique conventionnelle, un taux qui a dégringolé six ans plus tard, alors que 66,8 % des ménages ont déclaré avoir une ligne fixe.

C’est ce que révèlent les données compilées dans le cadre de l’Enquête sur les dépenses des ménages. L’étude menée par Statistique Canada dévoile également que ce sont les téléphones cellulaires qui gagnent du terrain au détriment des téléphones conventionnels.

En 2010, 78,1 % des ménages avaient un téléphone cellulaire, tandis qu’en 2016, c’était 87,9 % des ménages. Le nombre de ménages n’ayant qu’un téléphone cellulaire pour communiquer a plus que triplé entre 2010 et 2016. C’est maintenant près d’un ménage sur trois qui n’a recours qu’à la téléphonie cellulaire.

Hausse fulgurante des dépenses en communications

Si la popularité des téléphones cellulaires augmente considérablement auprès des Canadiens, il en va de même pour les dépenses des ménages pour les communications.

L’Enquête sur les dépenses des ménages conclut que les dépenses pour les services de communications des familles canadiennes étaient de 2246 $ en 2016, soit deux fois les 1242 $ dépensés pour les mêmes services en 2010.

« Maintenant, on peut avoir deux, trois ou quatre cellulaires [par ménage]. Ce n’est pas comme avant où on avait un seul téléphone conventionnel à la maison. Ça affecte l’augmentation des dépenses pour les communications », estime Olfa Khazri, qui a travaillé à la production de l’enquête de Statistique Canada.

Le constat est semblable pour les dépenses liées aux téléphones cellulaires : elles sont passées de 731 $ en 2010 à 1105 $ en 2016.

« Ça met en lumière une problématique qui existe toujours », affirme la porte-parole de l’Union des consommateurs, Sarah Maillé.

En plus de l'inflation et des coûts importants des services de téléphonie sans-fil au Canada, ce serait aussi en raison des « factures surprises » auxquelles sont souvent confrontés les utilisateurs que les chiffres ont autant grimpé, selon Mme Maillé.

« On a reçu énormément d’appels à Union des consommateurs de gens qui ne comprenaient pas ce qu’il y avait sur leurs factures, ou des gens qui se retrouvaient à payer pour des locations qui n’existent plus et qui se rapportent à leur ancien contrat », relate la porte-parole.

Selon l’Union des consommateurs, 21 % des Canadiens ont eu une facture surprise en 2016, et ce malgré les règlements mis en place par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC).

« Ça n’existe pas encore au Canada des forfaits de base dans les services sans fil, comme ce qu’il se fait avec les services de télévision […] où on a toujours cette option-là du forfait de base. Ça rendrait la téléphonie sans fil beaucoup plus accessible », propose-t-elle.

Avec les informations de Claudine Richard

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