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La première école de l'Ontario était française et aurait fêté ses 230 ans cette année

La première école de l'Ontario a vu le jour en 1786 dans le sud-ouest de l'Ontario à la Pointe-de-Montréal, aujourd'hui le quartier Sandwich à Windsor. Et c'était une école française. 

Un texte de Marine Lefèvre

Cette histoire est sans doute l'un des secrets les mieux gardés du passé des francophones de l'Ontario.

C'est le curé de la paroisse Notre-de-Dame-l'Assomption, l'abbé Jean-François Hubert, qui est à l'origine du projet dans les années 1780. 

À l'époque, les familles francophones établies dans la région sont peu nombreuses et pauvres pour soutenir une école. Les plus riches envoient leurs enfants faire leurs études à Montréal ou à Québec.

Pendant plusieurs années, l'abbé Hubert fait des démarches à Montréal et à Québec pour obtenir des instituteurs ou des religieuses afin d'éduquer les filles et garçons de la région. Mais toutes ses tentatives restent sans succès. Nommé évêque coadjuteur de Québec en 1785, il parvient finalement à ses fins et envoie des institutrices de Québec dans son ancienne paroisse.

Mesdemoiselles Adémard et Papineau ouvrent une école-pensionnat pour les jeunes filles catholiques francophones dans le presbytère.

Les historiens ont peu de détails sur le fonctionnement de l'établissement à l'époque.

L'écrivain franco-ontarien, Paul-François Sylvestre, qui a étudié cette période, souligne que la plupart des informations au sujet de cette école se retrouvent dans la correspondance entre le curé Hubert et son successeur à la tête la paroisse de Sandwich, l'abbé François-Xavier Dufaux.

À l'origine, l'école accueille 13 élèves, dont huit pensionnaires. Elle prend toutefois peu d'ampleur en raison des faibles moyens des parents.

Les frais de fonctionnement sont payés par le curé lui-même. Le salaire des institutrices est puisé à même les sommes versées pour les pensions. 

L'abbé Dufaux continue de soutenir l'école paroissiale de Sandwich jusqu'à sa mort en 1796. Elle demeure ouverte pendant plusieurs années, mais elle n'existe plus en 1825.

D'autres écoles catholiques et françaises voient le jour par la suite entre 1796 et 1825, mais toutes ont une existence limitée dans le temps.

Si cette école ne peut pas être considérée comme la base du système éducatif en Ontario, sa création est un symbole important de la survie des francophones de la région, estime l'activiste Gilles LeVasseur.

M. Sylvestre estime pour sa part que cette page d'histoire ne devrait pas rester dans l'oubli, tout comme les personnes associées à ce projet. Il souligne qu'aucune école de l'Ontario ne porte aujourd'hui les noms d'Adémard et Papineau, les deux enseignantes qui ont fondé l'école.  

Avec des informations du site Internet du Centre de recherche en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa

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