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La présumée victime de deux anciens Gee-Gees brise son silence

La présumée victime de deux anciens hockeyeurs des Gee-Gees de l'Université d'Ottawa a raconté au tribunal sa version des événements qui se seraient produits dans une chambre d'hôtel de Thunder Bay en février 2014.

Un texte d'Antoine Trépanier

Il s'agissait de la première journée de témoignage pour la jeune femme aujourd'hui âgée de 25 ans. Elle s'est exprimée à la cour en anglais, comme le premier témoin. Notons que le procès est en français, mais les témoins peuvent s'adresser dans la langue officielle de leur choix.

Guillaume Donovan, 27 ans, de Gatineau, et David Foucher, 28 ans, de Waterville en Estrie, doivent répondre chacun à un chef d'agression sexuelle à l'endroit d'une jeune femme dans une chambre d'hôtel en février 2014. La présumée victime était alors âgée de 21 ans.

Durant les premières heures de l'interrogatoire du procureur de la Couronne, la jeune femme est revenue sur sa rencontre avec le premier témoin de ce procès, un ancien cochambreur de l'accusé Guillaume Donovan.

Sur un ton parfois ferme et déterminé, d'autre fois plus timide, elle a dit que les deux s'étaient rencontrés par l'entremise de l'application Tinder. Puis, qu'ils avaient fait la fête dans un bar de Thunder Bay dans la nuit du 1er au 2 février 2014.

La jeune femme avait bu plusieurs consommations d'alcool avant de se rendre au bar, puis une fois sur place, elle en aurait bu davantage.

Elle a déclaré que ce soir-là, elle était cohérente, elle pouvait parler et marcher, mais elle n'était pas sobre. Elle a admis ne pas se souvenir de chaque pas qu'elle a fait.

Elle a raconté avoir ensuite eu une relation sexuelle consentante avec le joueur des Gee-Gees. Dans son énoncé, parfois très graphique, elle a dit avoir aperçu un individu nu dans la chambre. Quelques instants plus tard, elle affirme que son partenaire n'était plus avec elle et qu'elle était au milieu d'une relation intime avec deux autres hommes.

Après ladite relation, elle se serait levée puis aurait quitté la chambre. Une fois sortie, elle dit avoir communiqué par l'entremise de Tinder avec le cochambreur de Guillaume Donovan.

Ils se sont alors rencontrés dans la cage d'escalier de l'hôtel pendant quelques minutes. La jeune femme voulait savoir ce qui s'était produit et a pressé le jeune homme de questions. Quelques instants plus tard, elle se serait dirigée vers l'entrée de l'hôtel, et lui vers sa chambre.

Après les faits allégués, elle raconte avoir été bouleversée par les événements. La voix parfois empreinte d'émotions, elle a notamment relaté s'être dit qu'une telle affaire ne pouvait lui arriver, que ça ne devait pas lui arriver et qu'elle était assez intelligente pour ne pas se laisser emmener dans une telle situation.

Une amie serait alors venue la chercher, puis l'aurait amené à l'hôpital, contre son gré. Elle ne voulait pas s'y rendre et ne voulait pas révéler l'affaire au grand jour.

Son amie l'aurait alors forcée à voir une infirmière. Une fois à l'urgence, après une longue attente, elle n'aurait finalement pas consulté le personnel en question.

Tel que déclaré par les policiers au moment de l'enquête, c'est une tierce partie qui a porté plainte à la police. La jeune femme affirme qu'il s'agissait de son amie et que, personnellement, elle ne voulait pas porter plainte. Elle se serait sentie trahie par son amie et fâchée par toute l'affaire.

L'interrogatoire de la Couronne se poursuivra vendredi matin. On ignore quand le contre-interrogatoire des avocats de la défense commencera.

Le premier témoin quitte le tribunal

L'ancien compagnon de chambre de Guillaume Donovan en était à sa quatrième journée de témoignage. Les avocats de la Couronne et de la défense ont pris connaissance mercredi de messages textes échangés entre la présumée victime et le témoin, après les faits allégués. Le témoin avait pourtant dit aux enquêteurs les avoir effacés. On compte des dizaines de pages de messages.

En cour, jeudi, l'avocat de Guillaume Donovan a demandé quelques précisions sur les présumés événements de l'hiver 2014.

Depuis le début de son témoignage, le témoin dans la vingtaine a notamment parlé de sa rencontre avec la présumée victime, par l'entremise de l'application Tinder. Ils auraient eu une relation sexuelle dans la nuit du 2 février 2014.

Le témoin a dit avoir cessé l'acte lorsqu'il s'est rendu compte de la présence de Guillaume Donovan près de son lit. Il se serait alors dirigé vers la porte de la chambre pour s'habiller. En voulant quitter la chambre, il a vu la présumée victime faire une fellation à Guillaume Donovan.

En tout, quatre ou cinq témoins seront appelés à la barre, alors qu'au début du processus judiciaire, il y a plus de trois ans, il était question d'appeler 20 témoins à la barre. Le procès doit durer 10 jours au total.

Rappelons que cette affaire avait fait grand bruit en 2014 et avait poussé l'Université d'Ottawa à suspendre son programme de hockey pendant deux ans. L'entraîneur-chef de l'époque, Réal Paiement, avait également été congédié, puisque l'université n'avait été informée que trois semaines après les faits allégués.

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