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La province octroie 32 M$ à IBM pour réparer un logiciel développé par... IBM

Après 18 mois de problèmes avec le système qui sert à gérer les dossiers des Ontariens bénéficiant de l'aide sociale, le gouvernement de la province a décidé d'octroyer un contrat de 32,2 millions de dollars à IBM, la compagnie qui a développé le logiciel, pour qu'elle s'occupe de sa maintenance.

La province a accordé ce contrat le 1er avril dernier à IBM, propriétaire de Curam, la compagnie qui a développé SAMS (Social Assistance Management System), pour qu'elle s'occupe du dépannage du système.

Un porte-parole du ministère des Services sociaux et communautaires affirme que le contrat avec IBM est « habituel ».

Selon le ministère, les 32,2 millions de dollars doivent permettre « d'aider aux opérations en cours » sur SAMS et seront dépensés sur deux ans. Le montant est un plafond qui ne sera pas forcément atteint, précise-t-il.

Le contrat devrait coûter « 5 millions de dollars de moins que ce qu'il en coûterait d'entretenir le prédécesseur de SAMS, SDMT », ajoute le gouvernement.

Le syndicat désapprouve

Le syndicat des agents qui traitent les dossiers des bénéficiaires de l'aide sociale de la province n'approuve pas cette décision. 

« [SAMS] devrait être couvert par la garantie », estime Smokey Thomas, le président du Syndicat des employés de la fonction publique de l'Ontario (SEFPO).

Un système criblé d'erreurs

Le gouvernement de l'Ontario a mis en place la nouvelle plateforme le 11 novembre 2014 partout dans la province, avec trois ans de retard.

La facture était de 242 millions de dollars à l'origine, mais elle n'a cessé d'augmenter à cause de l'accumulation des problèmes dans le système qui a notamment permis le versement de prestations trop élevées.

En octobre 2015, ce montant était passé à 294 millions de dollars.

Des municipalités se plaignent aussi

Des municipalités qui sont chargées de gérer le programme continuent de relever des problèmes avec SAMS et réclament des millions de dollars à la province pour compenser les coûts qu'ils engendrent.

La Ville d'Ottawa a envoyé une demande à la province, la semaine dernière, pour qu'elle règle la facture de la formation de ses employés et souhaite un total de 1,2 million de dollars additionnels depuis 2015, a indiqué Aaron Burry, le directeur général des services sociaux et communautaires de la Ville.

La municipalité a reçu le tiers de cette demande de subvention, a-t-il précisé.

Le conseil municipal de Toronto a aussi décidé à l'unanimité plus tôt cette année de demander à la province de lui allouer un financement afin de compenser les coûts engendrés par SAMS en 2015 et 2016, estimés actuellement à 7,25 millions de dollars par an.

La Ville de Hamilton aussi s'est plainte des coûts de plus de 800 000 $ associés au système, dont un demi-million de dollars pour la réaffectation du personnel, selon le conseiller Sam Merulla.

Dans un courriel, il a dit être « désabusé » alors que la province n'a pas offert de compensation.

Des bénéficiaires touchés

Pendant ce temps, les problèmes continuent de toucher les bénéficiaires de l'aide sociale comme la résidente d'Ottawa, Lauren Seward-Munday.

Sa famille et elle ont reçu un montant de prestation trop élevé il y a quelques mois. Parce qu'elle travaille de temps en temps, le montant des chèques de l'aide sociale varie.

Elle n'a donc pas remarqué le paiement excédentaire de quelques centaines de dollars qu'elle avait perçu jusqu'à ce qu'elle reçoive une lettre lui demandant de rembourser.

L'agent qui s'occupe de son dossier n'était pas surpris de l'erreur, selon elle : « Il a dit "Ah oui, c'est SAMS" ».

Elle a pu échelonner le remboursement, mais à 50 $ par mois, l'équivalent d'une semaine d'épicerie, il lui faudra plusieurs mois pour rectifier l'erreur.

« Nous allons manger beaucoup de riz, disons », a dit Lauren Seward-Munday.

Rapport attendu

Le SEFPO attend maintenant un rapport indépendant sur les problèmes de SAMS qui sera produit par Wayne Lewchuk de l'Université McMaster.

Le professeur se rendra dans les bureaux le mois prochain, mais un sondage réalisé en février et mars suggère que 95 % des agents trouvent que le changement de logiciel a rendu leur travail plus difficile. Environ un employé sur quatre a participé à l'étude.

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